Entreprise 2.0 : le pari de renouer le lien social par les outils 2.0
Vincent Berthelot | 5 décembre 2009Arrêtons de parler de performance, ROI, innovation et de toutes ces raisons qui éveillent des lueurs d’intérêt dans les yeux des dirigeants mais qui ne sont souvent que des promesses pas toujours tenues.
Le premier objectif de l’entreprise 2.0 et cela peut sonner comme un paradoxe est de remettre du lien social dans cette communauté partagée par le plus grande monde : l’entreprise.
On parle de dialogue, de communication bi-directionnelle, de communication d’échanges mais de l’entreprise vers d’autres communautés vitales pour elle : Clients, partenaires, prospect.
En interne on parle de performance, de ROI, de productivité.. mais les bénéfices attendus en terme de dialogue semblent moins importants tout au moins dans le discours.
Je trouve cela inquiétant car cela reflète le malaise actuel de l’entreprise et pour une bonne partie le divorce entre le salarié et son entreprise.
Le rapport commandé par Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du développement de l’économie numérique, sur « La santé mentale, l’affaire de tous. Pour une approche cohérente de la qualité de la vie ». dans l’entreprise les recommandations tournent au tour de Réhabiliter la qualité de vie au travail : porter par exemple une attention accrue aux restructurations en période de crise avec la mise en place d’une véritable surveillance de l’état de santé des salariés en restructurations ; sensibiliser massivement dans leur formation ou leur vie professionnelle des managers aux instances de dialogue social, aux liens entre santé et restructurations et aux mise au point de plans d’action, de prévention et de réparation, d’accompagnement, définir une stratégie publique adaptée, notamment pour l’inspection du travail. (http://www.psy-desir.com/leg/spip.php?article2286)
Il est évident que sur ces différents aspects les réseaux sociaux peuvent jouer un rôle positifs et aider à renouer avec un climat plus serein en entreprise… si leur implémentation sert aussi de prise de conscience, de verbalisation de part et d’autre des attentes, des difficultés, des idées pour améliorer la qualité de vie au travail..
Aux dirigeants qui me posent la question du ROI en interne ma première réponse est « combien vous coûte la dégradation du dialogue avec vos managers, vos salariés ? »
Comment espérer, innovation, productivité sans avoir renoué avec l’écoute, le dialogue et la confiance ? De toute façon ce travail préliminaire vous servira ensuite pour enclencher les autres étapes plus « productives » avec plus d’efficacité et de transparence.
Sur ce sujet il convient d’avoir une bonne compréhension des enjeux internes, des habitudes de négociation et de l’état des relation sociales pour ne pas susciter des inquiétudes ou opposition par simple manque de préparation et de transparence.
On en revient à l’accompagnement du changement et l’importance de la RH dans la mise en place des réseaux sociaux internes à l’entreprise, sujets sur lesquels nous avons noter que les meilleurs résultats étaient obtenus avec une équipe pluridisciplinaire forte d’une expérience validée dans ces domaines.
Ce sujet sera développé dans de prochains articles et selon aussi vos premières réactions, alors n’hésitez pas à réagir !






Voilà un article qui pose de vraies questions, loin des considérations racoleuses et ROIstes dont ce marché naissant nous abreuve et qui soit dit en passant pourraient lui nuire durablement s’il n’existait des intellectuels du media social comme Vincent, qui savent rendre la problématique concrète et « responsabilisante » si je puis dire pour ceux qui veulent s’y investir avec honnêteté.
Bravo Vincent tu fais avancer le sujet avec clairvoyance sur nos vrais besoins d’entreprise.
Personnellement je te suivrai totalement si tu pouvais approfondir l’aspect « dialogue salariés-entreprise » car tu es à ma connaissance le seul à avoir aborder ce point épineux, là où trop d’experts de media social se sentent obligé de pervertir le discours pour le mettre encore au service de la performance et de l’innovation, alors que ces deux dernières seront la résultant d’une utilisation intelligente des réseaux sociaux – à savoir celle qui libèrera le dialogue avant même l’alchimie de la cocréation.
Chaque chose en son temps.
pour votre info j’ai publié mes travaux sur l’IBET , l’Indice du Bien Etre au Travail qui est un marqueur de la dégradation de la VA générée par des situations opérationnelles de mal être au travail recensées par un groupe projet élus/direction.
La solution complète proposée est d’aligner la Performance Globale de l’Entreprise sur la Qualité de Vie au Travail(QVT) pour pouvoir dire que l’EBIT c’est bien l’IBET mieux!
J’en ai parlé en sept 2008 et sur B-R-ent que vous devez connaitre certainement.
faites vos recherches sur le net ou allez sur mon site
l’Intranet social fais partie de mes recommandations
bonne chance
v.waknine@orange.fr
Je connais d’autant mieux http://www.b-r-ent.com que j’en suis cofondateur et cet article car j’en suis aussi je pense l’auteur
Je vais me permettre d’être peu politique malgré le caractère professionnel de ce blog.
Votre approche comme celle du rapport commandé par Mme N.K.M vise avant tout à diminuer l’impact économique des effets de la souffrance au travail. On estime ce coût à 3% du PIB !
Dans ce cadre vous reléguez l’homme comme un moyen d’atteindre des objectif et non comme un fin en soi.
Je place l’homme au centre de mes réflexions, propositions de mise en place des médias sociaux avec un but : renouer le lien social et par la confiance développer la performance.
Ne pensez-vous pas que c’est celà qui produit le bien-être ?
Merci pour votre article très intéressant