Le réseau social en ligne comme palliatif à la diminution du lien social traditionnel
Vincent | 4 novembre 2009Nous assistons actuellement à un sur-investissement des entreprises sur mes problématiques de création de réseaux sociaux virtuels en interne L’entreprise est coutumière des ces emballements car toujours à la recherche d’un nouveau levier de performance et d’une augmentation des résultats/
Rappelez-vous les stages de formations type commando ou survie qui fleurissait il y a encore peu avec une surenchère dans le défi et le frisson jusqu’à l’absurde et bien nous sommes désormais passé à une course au réseau social pour développer le sentiment d’appartenance sans vraiment renier l’esprit de compétition/
Cet esprit de compétition a été renforcé par une gestion des carrières de plus en plus individuelle, une focalisation sur les résultats financiers et souvent à court terme (la magie du ROI) avec comme corollaire une diminution de l’investissement personnel dans le collectif de l’entreprise.
Pourtant ce besoin de créer en commun, de s’appuyer sur une solidarité de groupe voire de communauté existe toujours mais il s’est déplacé de l’entreprise vers la sphère publique et personnelle. On connaissait le goût de s’investir dans l’associatif mais l’explosion des réseaux sociaux à surpris tout le monde une croissance vertigineuse comme twitter avec Une croissance annuelle de 1382% !
Fort de ce constat l’entreprise souhaite désormais proposer à ses salariés de réinvestir le champ du social sur ses propres réseaux en partie pour répondre à cette demande de pouvoir créer du lien, s’exprimer mais aussi l’orienter pour en tirer quelques bénéfices directs ou indirects.
L’individualisation avait du bon par la responsabilisation de chacun, le développement de l’autonomie, la différenciation pour les salariés les plus impliqués et les plus performants (…) mais elle a eu des effets négatifs plus ou moins volontaires dont celui de l’explosion du collectif par :
- la marginalisation des partenaires sociaux trop ancrés dans des schémas d’hier,
- la complexité des organisations
- La rapidité des réorganisations ou restructurations
- Le fonctionnement par objectifs individuels
Les dirigeants recherchent désormais à renouer avec les avantages d’un minimum de sens du collectif en développant des nouvelles formes de liens sociaux au travers des réseaux et une solidarité de communautés en ligne.
En cela nous suivons un mouvement dont l’origine part du continent Nord Américain. Sommes nous à ce point dans un mode universel comme le déplorait et redoutait C.L Strauss pour penser appliquer les mêmes recettes à tous et partout ? On ne peut pas dire pourtant que les organisations du travail, la place et la forme des syndicats, le rôle de l’état soient les mêmes entre le continent nord américain et la vieille Europe.
Alors oui le réseau social peut permettre de faciliter le retour d’une certaine confiance, confiance en ses pairs, envers son manager, envers l’entreprise mais pas dans un mouvement isolé et artificiel !
C’est une politique globale et non seulement une conception marketing à la mode entreprise 2.0 qui nous permettra de franchir ce cap vers une nouvelle entreprise dont la performance ne se fera pas aux prix du lien social. C’est d’une prise de conscience collective dont nous avons besoin, celui du coût social des modèles d’organisations de ces 20 dernières années, du mythe du manager tout puissant, seul responsable de l’atteinte de ses objectifs et fantasmer comme un guerrier valeureux. Dans une guerre malheureusement et même économique si on ne se place pas sous l’excellence de la stratégie de Sun Tzu il y a des morts, des blessés et des dégâts collatéraux innombrables.
Arrêtons ces effets de balancier qui un jour nous conduisent à encenser l’individuel puis le vouer aux gémonies en se disant que c’était mieux avant pour revenir aux communautés. La clef est de permettre la reconnaissance des qualités propre à chaque individu, de son engagement dans la réussite de l’entreprise sans l’isoler du collectif mais au contraire en le renforçant.
Les RH sont donc au premier rang pour conseiller les COMEX, puis développer une nouvelle approche des modes de reconnaissance qui puissent se répartir entre individuel et collectif, des règles du jeu permettant de libérer cette intelligence collective au travers des nouveaux outils 2.0 à venir sur nos intranets, extranet et sites internet tout en mettant en avant les qualités propres à chaque individu.
Vouloir développer des réseaux sociaux sans avoir résolu le hiatus entre la portée collective de ces outils et notre fonctionnement individuel c’est les condamner très rapidement et malheureusement pour un certain temps.
Suivre une certaine méthodologie, un temps d’observation, de partage, de restitution, c’est construire en chemin le mode de fonctionnement de demain.






Merci pour cet article avec lequel je suis 100% d’accord. Il y a un équilibre à trouver entre individuel et collectif, entre autonomie et hirérarchie, équilibre qui est aussi une tension génératrice de richesse pour l’entreprise. C’est ce que j’ai voulu démontrer dans mon livre.
Malgré le fait que je n\’en ai lu encore que la moitié je je conseille à tous pour une prise de recul salutaire et une vision globale des enjeux actuels du 2.0 en entreprise : http://www.scribd.com/doc/22053214/Le-nouveau-management-de-l-information-La-gestion-des-connaissances-au-coeur-de-l-entreprise-2-0
J\’ai vécu le transfert des responsabilités RH vers le management opérationnel dès 1985 (on réduisait alors les effectifs dans les RH). Mon chef d\’alors, qui en avait vu d\’autres, avait déclaré que c\’était incompatible avec la réduction planifiée des secrétaires. Trêve de plaisanterie tous les managers par paquets de 20 sont allés en séminaire résidentiel obligatoire d\’une semaine (la boîte comptait environ 48 000 personnes au monde). Séminaire toutefois positif car les organisateurs avaient pris sont de mélanger les genres de métiers et les établissements. Nous avons donc appris les nouvelles évangiles dont nous allions porter la bonne parole au quotidien. J\’ai eu la chance de faire partie des dernières séances ou l\’on retrouvait des gens qui avaient <i>oublié</i> de s\’inscrire. De toutes façons l\’exemple venait d\’en haut, tout le top management avait suivi le séminaire, donc pas question que le clergé du milieu y échappe. J\’étais parmi les plus jeunes et j\’ai pu me rendre compte que des routards aguerris du management pouvaient aussi être très jeunes d\’esprit. J\’y ai appris au mois de façon pratique les différences subtiles entre personnalité, style adopté versus style préféré versus style rejeté.
Quelques années plus tard la boîte ne comptait plus que 20 000 personnes, j\’ai eu l\’honneur de faire partie des managers invités à suivre les séminaires destinés à bien gérer les plans sociaux. Il trainait alors un petit bouquin dont le titre était «Management, je me Marre». Je me suis quand même amusé car si l\’on ne s\’amuse pas au travail à quoi cela sert de travailler. Par contre j(ai pu éprouver l\’importance d\’Internet (ftp, mail) pour la logistique de distribution de logiciels et documentation, la solidarité internationale entre personnes de support et services client, même entre personnes n\’appartenant pas à la même entreprise.
Vu via un lien ci dessus «Le temps de l’individualisme collectif» C’est exactement cela. L’homme n’est pas un animal social, il se socialise par utilité et non pour satisfaire à des modèles de conduite. L’auto régulation n’étant pas facilement induite il a fallu des systèmes d’administration qui avec des possibilités de communication plus fluides devront perdre de leur importance. Tous les services d’administration sont concernés car ils perdent de leur valeur. Un marché ne peut longtemps être biaisé, le marché des services administratifs tels qu’ils sont est biaisé. Le consommateur (nous en sommes tous) finit toujours par avoir le dernier mot.
la dématérialisation et la simplification des services est en marche.
Selon Tim O’Reilly nous sommes au début de la troisième phase du Web
(1) 1991-2003 Naissance et petite enfance [Web 1 - 12 années]
(2) 2005-2009 Croissance [Web 2 - 5 années]
(3) 2010-20xx Maturité et Explosion [Web 3 - ? années]
Le contenu de la phase 3 on en voit les contours: il suffit d’observer ce que préparent les grands noms du logiciel et de l’informatique: Microsoft, Google, Oracle, IBM, HP, Intel et beaucoup d’autres moins connus
Le nom de la phase 3 sera peut être Web 3, mais au sens propre ce ne sera pas exact.
Notons que l’effort de simplification touchera le développement des services Web:
Le code sera divisé par dix. Le gestionnaire de contenu va s’affranchir
Merci pour ces commentaires Dominique dont le dernier reprend l’idée de courbe d’apprentissage mais sans le gouffre de la désillusion.
Pas sur que celui-ci ne vienne pas sur la différence d’usage entre réseau social externe et usages externes et ceux propre à l’entreprise.
A lire l’intitulé du dernier séminaire de NKM sur le droit à l’oubli des réseaux sociaux on comprend que répondre sans esprit critique au devoir sacro saint de « Transparence » dicté par les apôtres des média sociaux peut mener à la désillusion.
L’avenir c’est la porosité du web social sur les aspects publics et privés, le mélange des vies et les risques à terme…
J’ai bien sûr tenté de déposer des petits billets sur le blog de NKM comme sur celui du cher Besson. Mes petits poissons ne sont pas passé à travers les mailles du filets et pourtant je ne suis pas venu avec un plume très insolente.
Cette histoire de droit à l’oubli qui peut paraître ridicule et dérisoire fait peut être partie d’une grande manoeuvre visant à contrôler la numérisation de documents anciens comme des archives de journaux qui juxtaposés permettent d’éclairer des énigmes.
A suivre
Je suis stupéfait de lire le contenu d’articles sur Wikipédia concernant des sujets très explosifs.