Marchands de rêves 2.0
Vincent | 12 juillet 2010Vous venez de recevoir la brochure, papier, le mail, le coup de téléphone ou encore mieux avez rencontré et échanger votre carte de visite avec un prestataire du web 2.0.
Vous avez le droit à un beau discours rodé et si cette agence a un peu de fonds une plaquette colorée, dynamique vous expliquant que la lumière est proche si vous adoptez le bon outil ou le bon conseiller pour marcher à vos côtés.
C’est rassurant de pouvoir enfin trouver des réponses à cette question lancinante « mais que vais-je bien pouvoir gagner avec ce web 2.0 ? » a longueur de blogs, de papiers, de vidéos on vous a expliqué que les autres volent de succès en succès grâce au 2.0 mais vous vous en êtes encore à discuter avec votre DSI de l’upgrade de certaines machines qui ont moins de 1 Mo de mémoire…
Vous avez bien quelques doutes quand vous voyez que dans ce secteur les acteurs apparaissent, disparaissent, se rachètent ou mutent un peu trop vite sur les notions de confiance et de transparence mais bon business is business.
Non ce qui est plus inquiétant c’est que vous avez aussi l’impression d’être en face du désenvouteur ou de l’herboriste de rue qui a un remède à chacun de vos problèmes, innovation, motivation ? allez une pincée de réseau social. Apprentissage, partage de connaissance et bien ce sera de la soupe au social learning pour vous.
Je regrette de vous le dire mais parfois il serait préférable d’économiser votre énergie et votre argent car votre organisation, votre contexte ne permettent pas de profiter des avantages réels du 2.0.
J’ai rencontré au moins autant d’entreprises qui pouvaient profiter de l’utilisation des medias sociaux et du 2.0 que d’autres qui pouvaient tout aussi bien s’en passer, d’ailleurs un des meilleurs investissement que peuvent faire ces entreprises c’est de payer un prestataire pour les rassurer et leur confirmer que pour le moment elles n’ont rien à regretter de ne pas rentrer dans la danse.
En revanche vous devez comprendre les usages, le potentiel de ces outils, comment ils viennent en complément de votre stratégie, voire en renouvellement indispensable ou si au contraire ils sont inutiles voire néfastes !
Développer un plan sur plusieurs années est aussi une bonne idée si vous allez vers une e-transformation avec des axes de communication, formation, accompagnement, déploiement, amélioration…de la charte d’usage des médias sociaux aux développements des communautés vous avez du travail pour longtemps si vous décidez de vous engager!
Mais oui en tant qu’expert des medias sociaux j’affirme qu’ il estparfois préférable d’investir ailleurs que dans les médias sociaux pour développer la motivation, l’implication de vos salariés, pensez aussi- RH et pratiques de reconnaissance pécuniaire ou non !
Aux marchands de rêves du 2.0 préférez le bon sens et les paroles de vérité qui ne sont pas toujours belles à dire comme le disait Lao Tseu.








Que d’Axiomes, mais bon, c’est déjà ça.
L’article en question et ce commentaire montre l’abime qui nous sépare dans la compréhension du 2.0 mais ce n’est qu’une confirmation…
pour revenir au fond, peux tu Vincent expliciter et illustrer ta position intéressante sur le « 2.0 nocif » pour les organisations ?
Bonsoir Vincent,
D’accord avec toi sur le fait que chaque organisation a son ADN et son histoire. Cependant, comme tu le dis, il faut rester agile et tout de même garder un oeil sur ce qui se dit sur les médias sociaux.
Dans le terme « Marchand » que tu emploies, il y a aussi le besoin de vendre commun à chaque entité économique. Ensuite, vient également l’éthique dans tout çà : vais-je vendre pour vendre ? dois-je volontairement « effrayer » la personne que j’ai en face de moi pour lui revendre de la sécurité ? etc…
Le travail d’acceptation culturelle et le style de leadership (organique et ouvert/participatif) sont des éléments facilitateurs. Mais d’abord, pour quels objectifs ?
S’il est vrai qu’il existe pas mal de littérature sur différents sujets autour des médias sociaux, il est assez dangereux de penser qu’il s’agit de cartes routières (bien sûr, tout en intégrant le fait qu’il peut exister des ‘best practices’ ; au lieu d’alimenter un esprit d’ouverture et d’apprentissage par les bonnes erreurs, on peut hélas développer une myopie et une rigidité dans la conduite de changement.
Merci Lilian sur la richesse et la justesse de ton commentaire, en effet il est facile de jouer les bien pensants qu’on n’a pas une entreprise à faire tourner, des salaires à payer mais de toute manière sans une ligne de conduite claire s’appuyant sur une éthique vous perdrez la confiance de vos clients petit à petit;
Le 2.0 peut en effet avoir des effets plus nocifs que positifs David à partir du moment ou il ne vient pas dans un changement global et stratégique mais l’idée de trouver une nouvelle source de performance avec un outil magique.
Je reconnais qu’il faudrait faire des distinguos plus subtils entre 2.0 interne ou externe et fonctionnalités 2.0 d’outils ou de process très 1.0 mais en gros on peut assister à des rejets de greffes 2.0 spectaculaires quand toute l’entreprise fonctionne sur un système basé sur la contrainte, le contrôle, l’individualisme, le ROI immédiat, une hiérachie très forte avec des niveaux de validation successifs….
Le plus souvent il ne se passe strictement ……………….RIEN ! mais vous avez investi à perte et perdu un peu plus la confiance de vos employés.
Abîme?… Je ne comprends toujours pas pourquoi vous vous acharner à me dire que j’ai tords et que je ne comprends rien alors que vous dites exactement la même chose? Encore faut-il vouloir écouter et faire ce que l’on dit…
« Si vous croyez savoir, vous ne savez pas ». [Lao-Tseu]
Bonjour Vince, heureusement que tu n’es pas un marchand de rêve ! Bonne journée. Jacques
On l’est tous un peu non? au moins par un gai désespoir !
En fait c’est la que l’expérience joue car au démarrage on veut convaincre tout le monde et on est sur d’avoir un marteau tellement efficace que l’on voit des clous qui dépassent partout… ensuite viennent les réussites, les demis succès et les échecs et là on apprend à reconnaitre les éléments, les signes qui permettent soit de rester prudent soit d’encourager.
Enfin par simple plaisir de citer Lao Tszu :
Chapitre 30
« Facilitez avec subtilité une issue favorable, et rien d’autre.
N’exercez pas la force
quand le succès est obtenu pas de complaisance
quand le succès est obtenu pas de suffisance
quand le succès est obtenu pas de vanité.
vaincre seulement parcequ’il n’y a pas d’autre choix…..
Ce qui va contre le Tao ne dure pas longtemps. »