Remettre l’humain au cœur de l’entreprise

J’ai entendu cette phrase comme un leitmotiv durant la conférence des Responsables de communication interne la semaine dernière. L’humain doit être remis au centre de l’entreprise, le plus important c’est l’humain, le bien-être de nos salariés est capital…Autant de déclarations touchantes mais qui ne peuvent qu’inquiéter sur ce mouvement de balancier.

En effet si  « il faut » remettre l’humain dans l’entreprise mais où donc était-il parti ? Dans les colonnes du bilan financier plus que du bilan social, considéré comme un coût et donc qu’il convient de réduire. L’externalisation d’activités, la sous-traitance ont mis en effet pas mal de salariés en dehors de l’entreprise.

Les RH ont commencé à être sollicité quand le corps social à montré des signes d’épuisement au stress face à ce type d’organisation qui est basée sur la réorganisation perpétuelle, l’individualisation, les process normés, les indicateurs rois (les fameux KPI).

Lutte contre le stress, bien-être au travail (IBET comme dirait son promoteur VW)  et…réseau social sont alors apparus dans les panoplies pouvant diminuer ces impacts négatifs.

Renouer le lien social, redécouvrir que l’on a des collègues et pas seulement des adversaires ou des concurrents, sentir que l’on fait partie d’un collectif autant de façon de remettre du lien social dans l’entreprise.

Mais si vous lisez les articles de conseil web social vous savez que les démarches avec les médias sociaux doivent se baser sur un « minimum » de transparence pour avoir une chance de créer de la performance.

Les différentes interventions me laisse songeur quant au respect de cette règle. Ainsi j’ai pu entendre à quelques jours d’intervalle des représentants d’une même entreprise tenir un discours radicalement opposé. L’un prônant une ouverture du réseau social à des échanges non professionnels pour remplir la promesse du lien social et ne pas rester dans l’instrumentalisation plus ou moins bien déguisée l’autre considérant du point de vue de la sécurité les employés comme des ennemis de l’intérieur. « Tout est confidentiel » voilà le credo de l’un alors que l’autre nous explique que l’on a beaucoup, à gagner pour l’entreprise comme pour les salariés à partager !

Dans une autre entreprise on demande de partager dans le tout nouveau réseau les bonnes pratiques, les compétences tout en restant sur des critères de progression de carrière individuels…

Une autre considère que la plus grande avancée pour le réseau social d’entreprise ou l’intranet 2.0 c’est le web sémantique avec une formidable débauche de services innovant mais une impression de toute puissance du logiciel sur l’humain.

Nous ne sommes pas loin de l’injonction paradoxale ou double contrainte de l’école Palo Alto qui conduit droit à la Schyzophrénie.

Aucun exemple n’a abordé comment on peut parler de réseau social, remettre l’humain au centre de l’entreprise sans se soucier de l’état actuel des relations sociales, de la tentation de radicalisation des organisations syndicales en perte de vitesse quant à leur représentativité et influence voire de certains mouvement spontanés de non syndiqués.

Le réseau social n’a rien de magique et il ne produira pas de valeur si on le contraint par des chartes barbelées, si on ne traite pas des questions sous-jacente comme la place des organisations syndicales sur ces espaces, la reconnaissance des salariés qui investissent du temps et du talent pour produire de la valeur pour l’entreprise, les limites de l’expression personnelle en entreprise dans le cadre d’un lien de subordination…

Les réponses dépendent de chaque entreprise, contexte, culture, enjeux mais elles sont le ciment d’un réseau social puissant et à même de modifier des comportements en profondeur pour gagner en performance.

L’engagement des salariés est à ce prix.

Les vraies paroles ne séduisent jamais. Les belles paroles ne sont pas vérité. Les bonnes paroles n’argumentent pas. Les arguments ne sont que discours

Lao Tseu

 

 

6 réflexions sur “ Remettre l’humain au cœur de l’entreprise ”

  1. « il faut… » dépend de qui? ou l’on renoue avec l’un des pièges des risques psychosociaux: compter sur les manager de proximité pour le faire, sans remettre en questions les organisations ou la culture d’entreprise.

    Qu’une entreprise fasse son ea culpa ne me choque pas, elle a au moins le mérite de reconnaitre ses écarts.

    Communiquer sur un plan d’action à tous les étages est pourtant plus rare.

  2. Ce post montre qu’avant de vouloir introduire un RSE, l’entreprise doit d’abord apprendre à fonctionner différemment, apprendre à coopérer pour développer la confiance. Avec la dmarche 2.0, l’entreprise ne peut plus tricher dire blanc et faire noir par exemple. la confiance est l’ingrédient indispensable de l’entreprise intelligente.
    Quelqu’un disait récemment « Ce qui n’est pas réel, ne peut être vituel ! » Je suis persuadé qu’il n’avait pas tord !

  3. Un réseau social d’enteprise est un réseau d’échange et de partage ou chacun va développer une valeur ajoutée accrue.
    Encore faut-il préalablement permettre aux collaborateurs de s’exprimer et de mieux coopérer pour développer la confiance et aller collectivement vers l’intelligence collective

  4. Merci pour vos commentaires, Jean claude il y a aussi une question à traiter si non insidieusement elle finira par gangrener la belle dynamique qui sera lancée,

    La valeur ajoutée est au bénéfice de qui au final?

    et secundo pour quels types de bénéfices ?

  5. La VA ajoutée est la contribution au résultat des 3 parties prenantes essentielles: les salariés,la collectivité par l’IS et les actionnaires par le dividende.

    Tout ce que l’organisation va générer comme désordre va se traduire par un coût qui va impacter cette VA.
    L’organisation comme le contenu du travail sont de la responsabilité de l’employeur c’est ce qui fait le principe du lien de subordination du contrat de travail.

    Donc l’employeur va être responsable des coûts du désordre dont il à la responsabilité et la gestion.

    Du coup quand on le stigmatise sur les RPS, il est tout content car on se trompe de cible et il fait porter le chapeau au salarié puisque c’est lui qui dit qu’il est atteint, de plus ses salariés et leurs IRP veulent à tout prix des baromètres et des enquêtes sur le stress pour bien se tirer une balle dans le pied.

    Oui, oui on est stressés, ah bon , ben voilà c’est eux et leurs managers qui les encadrent, chouette on atrouvé les coupables que dit la direction.

    Le vrai risque pour l’entreprise est le risque socio-organisationnel mesurable (IBET) en euros, cela il comprend et c’est lui le responsable et le risque adjacent est le risque économique global de l’entreprise (image, confiance, etc) qui en découle.

    Moralité il faut en finir avec les RPS car ils stigmatisent les 2 camps et se concentrer sur le tarvail et son organisation/contenu

  6. Bravo Vincent pour ce billet de qualité. Il est plein de vérités et donne tout son sens à mon action.

    Écoutons et surtout pratiquons que que les sages de notre monde nous ont déjà enseigné depuis longtemps. (lire mes « Éveils de conscience du matin » http://www.ThierryLeScoul.com/)

    « Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde » [Gandhi]

    « Commencez à changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous. » [Gandhi]

    Avec votre accord je vais citer votre article et votre blog sur le mien.

    Thierry – Transforming Coach

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