Du social au digital les RH ne s’intéressent toujours pas aux hommes !

Cela fait trop d’années que je travaille sur ce question d’intranet 2.0 puis social, réseaux sociaux, social business et maintenant digital workplace pour croire qu’un terme aura un effet plus magique que les autres sur la transformation de l’entreprise.

Les articles fleurissent, le buzz prend, les conférences, les powerpoint et les infographies s’enchaînent avec une vision systémique et globale qui rend l’utilisation d’un hélicoptère indispensable pour saisir la pertinence de l’analyse.

Il faut bien sur rajouter à cela le cas des entreprises exemplaires qui elles ont réussies grâce à tel outil, tel projet, à transformer l’entreprise et enfin toucher au but d’une utilisation intelligente et à plus value des medias sociaux.

Seulement je connais nombre de ces entreprises qui offrent une belle vitrine mais pas grand-chose en stock ou rien que l’on désire montrer. La guerre fait rage en interne, guerre de territoire, guerre contre l’individualisme forcené de quelques-uns vers la réussite et désengagement envahissant de tous les désabusés de ce double discours.

Le bonheur au travail est balayé par la montée des risques psychosociaux, des burn out à tous les étages et les recommandations des  bien-pensant de la qualité de vie au travail ne sont pas une solution mais juste une excuse.

Combien de RH sont vraiment attachés au plaisir de leurs salariés de venir chaque jour travailler ? Combien de RH parviennent à voir cette communauté d’hommes et de femmes avec leurs rêves, leurs aspirations, compétences et limites et pas seulement des effectifs ? Difficile de voir toutes ces vies derrière les tableaux de reporting, les courbes d’absentéisme, d’accidents du travail, de jours de grèves ou bien de démissions !

Pourtant spécialiste de l’intranet, des réseaux sociaux, du web social je peux vous assurer que tous ces outils et stratégies ne sont rien sans un changement d’attitude vis-à-vis du capital social de l’entreprise constitué par ses salariés de façon individuelle et collective. Le respect, la reconnaissance, la possibilité d’avoir un travail qui a du sens et même de l’intérêt voilà des basiques que nous avons perdus car se confronter à l’autre est bien plus difficile que d’enfourcher une théorie de transformation digitale.

Il faudrait reconstruire la pyramide de Maslow des aspirations professionnelles des salariés pour comprendre la vraie révolution qu’il nous reste à effectuer pour retrouver des marges de manœuvre, des idées, de la performance.

Nous ne pouvons même plus nous reposer sur les corps intermédiaires qui eux aussi se sont coupés de la base et remontent des informations parcellaires et souvent déformées pour aller dans le sens de leur propre objectif. On veut combattre les silos mais combattons déjà le syndrome de la tête et les jambes, on veut digitaliser l’entreprise mais commençons déjà par retrouver un management de proximité plus humain, des RH plus sensible au corps social.

La posture de RH business était logique car les RH en avaient assez de se voir réduit à un centre de cout mais elle a eu des répercussions négatives en les amenant à se comporter comme un centre de production et en négligeant des intangibles comme la fierté et le plaisir de travailler pour l’entreprise.

Sur ce terrain on ne peut rien construire de vraiment social on peut juste une fois de plus améliorer les process mais la vraie transformation des entreprises n’est pas là. Elle est dans le cœur des hommes et leur engagement.

6 réflexions sur “ Du social au digital les RH ne s’intéressent toujours pas aux hommes ! ”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>