Entreprise libérée ou pensée engluée ?

Hé bien si vous êtes RH, consultant, manager ou simplement intéressé par la vie des entreprises vous n’avez pas pu échapper aux guêpes dans votre verre ni à la marée de l’entreprise libérée et sa vision enthousiasmante malgré la trêve estivale.

Voilà près de deux ans que j’ai été interpellé par les témoignages de FAVI et que j’ai eu le plaisir de lire un ouvrage sur cette question avant sa sortie publique.

La vision de ces pionniers, les valeurs défendues me parlaient mais le peu de cas concrets surtout en France ainsi que les dérives possibles tempéraient mon enthousiasme pour ces démarches « libératoires ».

Puis peu à peu la petite musique est devenue lancinante et enfin grosse caisse et fanfare comme le modèle phare de l’entreprise rêvée, parvenant à susciter des réactions hostiles face à cet emballement surprenant.

Alors pensez-vous une entreprise qui nous propose d’être LIBRE ! Débarrassé de ces petits chefs, de ces pointeuses, de ce travail vide de sens, de ces augmentations et intéressements opaques, de ces silos, de ces horaires contraints… pour faire place à un collectif traité avec équité et transparence.

Cela en dit pourtant beaucoup sur les attentes vers un nouveau modèle managérial, voire d’entreprise comme de celles concernant de nouvelles façons de travailler.

Ce message parle aussi bien aux salariés qu’aux dirigeants mais on s’en doute un peu moins aux managers et syndicats.

Edit 11/08  Pour résumer les principes fondamentaux de l’entreprise libérée

-Rétablissement de la confiance

- Définition des valeurs de l’entreprise

- Réduction des niveaux hiérarchiques

- Augmentation de l’autonomie dans le poste, les décisions…

- Transparence comme mode de communication

Les salariés

La première attente des salariés dans leur travail c’est la reconnaissance soit de leur supérieur hiérarchique, soit de leurs pairs ou directement du client. C’est cela qui donne du sens et envie de se lever chaque jour pour venir au travail. La possibilité d’avoir ensuite un travail intéressant, varié avec des horaires souples permet de concilier vie personnelle et vie privée et ne pas s’épuiser et pourquoi pas avoir du plaisir à travailler.

A ces attentes « en creux » des salariés le message de l’entreprise libérée est particulièrement attractif et bien formulé.

Notez que l’on ne parle pas du tout de salaire dans cette approche.

 

Les dirigeants

L’entreprise libérée c’est surtout l’entreprise qui libère les gisements de productivité et parfois les libère de leur poste pour profiter d’un congé sabbatique !  Leur vision de l’entreprise libérée c’est parfois celle d’une entreprise dans laquelle il fait bon de travailler  dans la confiance et l’autonomie en misant sur l’intelligence de tous  ou plus cyniquement celle d’un cheval de Troie du lean management. La mise en place du lean (simplifié et tout orienté vers la réductions des coûts et la productivité)  par la hiérarchie rencontre une sérieuse opposition mais si vous parvenez avec subtilité à ce que ce soit les salariés eux-mêmes qui décident de la mettre en place vous avez alors tout gagné. Il y a un peu de Sun-Tzu dans cette entreprise libérée vu des dirigeants.

Sans aller jusque-là, le bon côté de l’entreprise libérée est de redonner de la motivation aux salariés, de booster leur engagement et là encore d’augmenter la productivité. Tout le monde est alors heureux…pendant un certain temps ! Car cette organisation est plus exigeante et si vous n’avez plus un contrôle aussi marqué de l’encadrement, qui éventuellement a su évoluer et garder sa place, vous l’avez remplacé par l’autocontrôle et celui de l’ensemble de vos collègues.

Là encore il s’agit d’une dynamique et on peut travailler plus si l’on est plus heureux de travailler, plus épanoui car le travail n’est pas toujours synonyme de Tripalium.

Mais cela demande alors un juste partage des nouvelles richesses créées car si l’on respecte l’idée de cette entreprise libérée il faut aussi libérer les profits, les partager. Combien de salariés ont vu leur salaire augmenter significativement  dans ces entreprises libérées ? Que ce soit par l’intéressement, les primes ou salaires statutaires ?

Quelle transparence sur l’ensemble des salaires, sur la répartition des bénéfices ?

Récemment Google qui est souvent cité en exemple d’entreprise de nouvelle génération n’a pas du tout apprécié qu’une employée ait la bonne idée de partager un fichier sur le réseau social interne pour que chacun puisse indiquer son poste et son salaire.

Celle-ci est partie depuis mais a posé la question de l’égalité des salaires suivant les origines ethniques et le sexe et mis en avant le manque de transparence réelle sur ces questions. 

EricaJoy @EricaJoy *

Fighting for justice & fairness INSIDE Google doesn’t go over well. Salary sharing is only 1 example. Blogger porn. Real names. Many others.

Managers et Responsables syndicaux

L’entreprise libérée veut justement se libérer de leur présupposé carcan. Cela est certainement justifié pour certains qui se comportent comme par le siècle dernier mais cela met en direct salarié et dirigeant sans corps intermédiaire dans un contexte d’uberisation et de diminution des protections réglementaires. Encore combien de temps pour ce code du travail, les formes de contrat et rupture de travail ?

Une entreprise libérée n’est pas une SCOP ou une association c’est une entreprise capitalistique avec des contrats de travail et liens de subordination, des profits et dividendes.

Les ouvriers de Harley Davidson aux Etats-Unis doivent encore s’en rappeler après avoir travaillé selon ces méthodes, redressé le groupe dans les années 70-80 pour finalement revenir ensuite à une organisation bien traditionnelle avec un retour en force du Lean ou neo-taylorisme.

L’entreprise libérée est dépassée par son succès et récupérée, instrumentalisée comme un miroir aux alouettes, un buzz word pour vendre du conseil qui repose bien souvent sur des idées datant de plus de 30 ans.

Voilà par exemple le genre de phrase qui m’amène à ce constat désabusé d’une réponse à des questions légitimes des salariés bien en-dessous du niveau attendu: «L’entreprise qui se veut digitale gagnerait à s’inspirer de l’entreprise libérée». Magnifique punch line pour les moteurs de recherche et vide intersidéral de l’article en question.

Les RH

La position des RH est ambiguë sur cette question car souvent l’idée vient directement du ou des dirigeants et met en porte à faux l’organisation des RH. Là encore vous entendrez peu de RH se positionner sur ce concept qui semble plus un modèle de transition que de destination.

En effet certaines entreprises sont face à des salariés usés, démotivés et porter un projet de cette nature constitue une possibilité de sortir de ce marasme en suscitant l’envie de participer à une révolution interne. Comment passer ce stade et parvenir à une nouvelle organisation qui donne du bonheur au travail, de la performance et un avenir économique à l’entreprise est une question pourtant essentiellement RH.

Il est temps de passer de l’entreprise libérée à l’entreprise transformée digitalement, socialement et économiquement.

Comment les RH peuvent imaginer le futur et les nouvelles formes du travail  que ce soit au travers des espaces de coworking, de production avec les imprimantes 3D, de liens juridiques avec les évolutions du contrat de travail, auto-entrepreneuriat et uberisation.

Comment peuvent-ils renouer les liens qui constituent un corps social créateur de valeur, performance et bonheur et non pas seulement se comporter en responsable d’une multitude de sous-traitants ?

Comment diminuer les reporting, tableaux de bord qui sont autant d’injonction paradoxales de la communication sur la confiance ?

 

On attend vos idées estivales :-)

 

* Voir article de Wired pour l’ensemble des tweets

28 réflexions sur “ Entreprise libérée ou pensée engluée ? ”

  1. Il ne fait maintenant plus aucun doute auprès des professionnels ayant un peu réfléchi à la question et cherché à regarder derrière le paravent des bonnes intentions que la mode de « l’entreprise libérée » pose de réelles questions sans apporter de réponses satisfaisantes. Certains dont je fais partie avancent même que le remède est en définitive et à la longue pire que le mal et risque de tuer le malade. La sacro-sainte bible des zélotes de l’entreprise libérée étant (a mon sens) au management ce qu’est Barbara Cartland est à un prix Nobel de littérature. Toutefois, je reprendrais un de tes commentaires fort judicieux, c’est une pensée pansement…

    Pour avancer dans la manière de rénover tout cela et histoire d’ouvrir quelques pistes :

    - Replacer de la régulation, la ou les logiques budgétaires ineptes et les technologiques nous ont imposé du Contrôle.
    - Rendre aux managers nombre de missions qui leur ont été confisquées par le développement d’un management par les processus outrancier (notamment les missions relevant de la prévision, la réelle prise de décision et l’organisation des ressources)
    - Rendre le travail visible, lutter contre le travail invisible
    - Eloigner les facteurs de démotivation et injonctions paradoxales.

    Ces différents points étant possible avec une utilisation raisonnée des technologies, encore faut-il que l’on s’intéresse à l’ensemble des composantes des systèmes d’information du travail et de l’entreprise (au sens de la définition d’Alter : un système d’information est un ensemble cohérent d’acteurs, de données, de procédures réunis dans le cadre d’objectifs définis grâce à un ensemble de techniques et technologies)

  2. Personne n’est trop d’accord sur ce qu’est une entreprise libérée (proposer des définitions passe encore à la rigueur mais quand il s’agit de dire si X ou Y est vraiment libéré y’a plus grand monde ..) par contre tout le monde est d’accord pour dire que Google est loin d’en être une ! En fait, on devrait plutôt parler de « certaines pratiques libérées », ou de « management d’inspiration libérée ». Ou alors, comme Sylvain, dire que ce ne sont pas les entreprises qui se libèrent, mais les hommes et les femmes qui y interagissent : https://youtu.be/7PmmhzljJdw (spoiler : il en parle, des salaires) en tout cas c’est clair que la quantité de bêtises qu’on lit sur le sujet varie avec le carré de sa popularité…
    (Je ne parle pas de ton article Vincent hein, il est bien lui)

  3. Merci pour vos commentaires de qualité qui complètent parfaitement la pensée qui m’a conduit à écrire cet article.
    En effet comment parler d’entreprise libérée avec des salariés sous un contrat qui place le lien de subordination au rang le plus élevé. L’entreprise libérée c’est celle qui est libérée du droit du travail ou qui libère les énergies, l’innovation ?

  4. Bonsoir Vincent de partager ce sujet très intéressant et très discuté.

    Le tout semble être très relatif, mais de manière générale, l’entreprise libérée représente un idéal. Ensuite, effectivement, quels sont les contextes précis et les facteurs-clefs de succès à prendre en compte ? Egalement, une entreprise peut « paraître » libérée à l’échelle locale, et beaucoup moins à l’échelle internationale, car d’autres prismes de lecture sont utilisées selon les cultures.

    Les principes exposées de « l’entreprise libérée » sont-ils valables pour tous les métiers et toutes les strates hiérarchiques ?

    Une entreprise peut « paraître » libérée en surface, cependant lorsqu’on creuse un peu plus, on saisit plus clairement que ce n’est pas forcément le cas (toujours selon le prisme que l’on utilise).

    Le but d’une entreprise n’est-elle pas d’être suffisamment inspirante (vision, valeurs, principes) , efficiente (organisation, flexibilité) et productive (valeur générée, positionnement clientèle) ? N’est-il pas de cultiver sa singularité en fonction de sa culture, son ambition propre et ses atouts ?

    Très objectivement, le qualificatif « libérée » sonne quelque peu stratosphérique. Une alternative, moins prometteuse et plus terre-à-terre aurait peut-être une autre résonance ? Qu’en pensez-vous ?

  5. Merci de cet article Vincent ! Je ne comprends toujours pas ce qu’est une « entreprise libérée » mais avec ton éclairage j’avance … Si je suis bien le concept, la libération est au niveau des liens hiérarchiques, ce qui devrait entraîner en particulier la disparition des managers « intermédiaires » ? Mais une entreprise n’était-elle pas structurée par ce type de liens ? Ou alors l’entreprise libérée c’est en fait la disparition de l’entreprise en tant que telle et le travail en réseau entre entités indépendantes ? Bref, L’entreprise libérée c’est juste un oxymore à la mode ?

  6. la première approche est la bonne mais à mon avis c’est la seconde qui intéresse vraiment les dirigeants :-)

    Donc pour l’instant moins de contrôle, de petits chefs, de mono-taches et plus d’autonomie, de « libertés », de plaisir et des économies sur le nombre de managers, des gains de productivité.

    Après quand cela marche dans la confiance avec des acteurs qui jouent le jeu c’est SUPER ! Reste que cela ressemble plus à du teasing qu’un changement organisationnel, managérial plus profond.

  7. Merci, Vincent, de ces clarifications utiles. Plutôt que de chercher à libérer des entreprises – laissons cela à Don Quichotte avec les moulins – essayons de rendre plus libres les salariés qui y travaillent. Par exemple en allégeant les contrôles, en donnant sa chance à la confiance, en misant sur l’autonomie et la polyvalence. Pardon, c’est moins joli, c’est moins vendeur, ce sont des idées du siècle dernier… mais c’est ce qui fonctionne en dehors des livres et des blogs !

  8. Bonjour, je ne suis pas un spécialiste de l’entreprise libérée mais je pense pouvoir éclaircir quelques points. Je suis plutôt PRO (je préfère annoncer la couleur)

    Je pense que comme beaucoup vous oubliez les fondements de l’entreprise libérée (qui n’est qu’un nom, beaucoup d’entreprises utilisent les principes sans se proclamer libérer). Ces entreprises n’étaient pas dans un état décrépie avant la « libération », les employés n’étaient pas malheureux, enfin l’entreprise libérée c’est pas bisounours.

    Les fondements sont les suivants : Tout d’abord c’est « le chef d’entreprise » qui décide de la libérer. Là où elle se différencie du classique lean management, c’est qu’elle repose sur des valeurs clés, par exemple la société Probionov, M. Stanislas DESJONQUERES avait parlé de 5 valeurs clé (si mes souvenirs sont bons):

    - La justice, sous toutes ces formes, pas de parking réservé, pas de salaire différent à compétences égales etc…
    - Il faut une vision commune, M. DESJONQUERES n’hésite pas à interroger les employés sur cette vision, et s’ils ne peuvent pas répondre, ils ont droit à la messe
    - Il faut que les employés aient les moyens d’accomplir la tâche qui leur a été donné
    - Il faut que les employés aient la vision de leur travail pour qu’il puisse en profiter/savourer
    - Il y a une transparence absolu sur les chiffres, tous les employés de la boite savent combien les actionnaires touchent, etc.. Ils ont même instaurer des cours permettant de savoir comment lire les résultats financiers.

    Bafouer une seule de ces règles, et vous instaurerez un climat de méfiance. Ce sont sur ces valeurs clé que la « libération » a été lancé, ce processus a duré des années et est encore en cours. Tous les changements qui ont été effectués ont pour socle ces valeurs de références. Et c’est bien ça, que les gens ont du mal à comprendre, ce n’est pas parce que vous supprimez les managers intermédiaires que vous êtes en libération. C’est parce que vous avez choisi de vivre/travailler avec des valeurs qui ont été décidé avec tout le monde et qui sont proches des valeurs que j’ai énoncé ci-dessus que vous êtes en processus de libération.

    Vous avez dû l’entendre plusieurs fois, il n’y a pas de manuel pour libérer son entreprise, chaque directeur a fait à sa manière (même si ça n’a pas marché au final). Dans la société Probionov, la libération a été effectué avec une violence inouïe. Dans d’autres sociétés, la démarche est plus en douceur, dans la société Thimmonier, madame Sylvie GUINARD nous avait expliqué sa démarche et elle était nettement plus douce que la démarche utilisée chez Probionov. Ce système n’est pas pour tout le monde, des gens sont partis dans les deux entreprises citées à cause de la libération. La libération dure des années au minimum.

    « Après quand cela marche dans la confiance avec des acteurs qui jouent le jeu c’est SUPER ! Reste que cela ressemble plus à du teasing qu’un changement organisationnel, managérial plus profond. »
    J’ai littéralement bondi de ma chaise en voyant ce commentaire, de toute évidence, le fondement de l’entreprise libérée est encore une nouvelle fois ici oublié. SI vous n’avez pas ce climat de CONFIANCE, IL N’YA PAS de libération, vous avez juste un cheval de troie du lean comme cela a été dit précédemment.

    Je ne peux malheureusement pas continuer d’écrire, personne ne lit les textes trop longs. Le message que je voulais transmettre est le suivant :
    Si vous pensez qu’il y a une formule pour libérer son entreprise vous avez tout faux. Il y a par contre des incontournables : Les valeurs de justice, d’égalité, de reconnaissance et c’est à partir de ces valeurs que les changements ont lieu et pas l’inverse. Ces changements sont décidés par tous (du moins tout ceux qui ont voulu participer). Vous ne trouverez jamais de manuel de la parfaite entreprise libérée. Chaque libération est personnelle. Et j’aimerai juste insister sur une chose, arrêter de vous prendre la tête avec le verbe libérer, réfléchissez plutôt au fondement, et vous comprendrez qu’à la place de se demander « Qu’est-ce que libérer », vous comprendrez qu’il faut se demander « Libérer de quoi ».

    PS : Je vois que toutes les opnions sont du même avis (débattre avec des gens du même avis ça ne sert à rien), je ne pense pas que vous puissiez vraiment vous enrichir de cette façon, je vous encourage à rejoindre la communauté de l’entreprise libérée sur google + par exemple, pour poser vos questions.

    Si vous voulez en savoir plus, laisser un commentaire, je repasserai (et je ne sais pas si j’ai le droit de laisser une adresse mail dans cet espace).

  9. Bonjour Joseph,
    Merci pour votre commentaire et au plaisir de continuer à échanger de manière franche et ouverte.

    Je vous signale que les commentaires sont loin d’être des condamnations mais souvent des développements des questionnements autour de cette idée de libération.

    Vous parlez des valeurs…mais TOUTES les entreprises nous bassinent avec leurs valeurs :-)) D’ailleurs expliquez-moi dans de sociétés multiculturalistes comme les nôtres comment peut-on vouloir imposer SES valeurs ? Vous l’avez dit c’est une approche extrêmement violente en effet ou plus simplement de la COM.
    Vous pensez réellement que ces valeurs n’ont pas été imposées par la vision du dirigeant dans le cadre de cette transformation ?
    La Confiance en dehors des TPE est aussi un refrain un peu usé et avez-vous lu les désillusions de certains patrons engagés dans ces démarches dès qu’il s’agit des salaires des employés ?

    Développer des attitudes, des comportements, des manières de travailler oui et il y a en effet de bonnes choses dans cette entreprise libérée.

    Le lean management n’est pas fondamentalement mauvais il a été détourné justement des principes fixés par son fondateur pour conserver uniquement ceux liés directement à la productivité. Au passage cela à condamné cette approche devenue court-termiste.

    Je pense toutefois que nous recherchons une approche de transformation globale qui permette aux entreprises de retrouver de la performance tout en offrant aux salariés un cadre de travail épanouissant.

    Quoi que vous en dite l’un des principes de l’entreprise libérée est bien de réduire les niveaux hiérarchiques et donc les intermédiaires syndicaux ou managériaux pour mieux respirer.
    Comme ces derniers sont en profonde crise avec les mutations actuelles du travail et souvent crispés cela prend encore plus de sens.
    C’est à mon avis des responsables tout désignés, bien pratique et une solution bien simple mais utopique en l’état actuel des choses.

    Lien de subordination, code du travail, instances représentatives mais aussi approche différente des salariés vis à vis de l’entreprise doivent conduire nos dirigeants à un changement prenant en compte ces acteurs pour les emmener dans les changements.

    Enfin sur le fait que les entreprises libérées étaient en bonne santé c’est souvent le contraire, des pertes de productivité, des gaspillages qui ont conduit à ces transformations. Retrouvez l’histoire de Harley Davidson et vous comprendrez que l’entreprise libérée ne date pas d’il y a 3 ans et qu’elle n’est qu’un stade dans la vie des entreprises qui est bien turbulente et demande de hautes capacités d’adaptation.

  10. Bonjour Vincent,

    En effet, vous faites bien de le préciser, après avoir relu mon texte, cela donne l’impression que l’opinion était tranché, ce qui n’était pas le cas.

    En effet, dans la plupart des entreprises, les valeurs sont souvent affichées comme poster pour le client, ces valeurs n’ont d’ailleurs presque aucune importance pour les employés (je ne connais d’ailleurs même pas les valeurs de mon entreprise).
    Mais je pense sincèrement que les valeurs ont une tout autre priorité dans les entreprises libérées. J’ai dû mal m’exprimer mais ces valeurs sont choisis par l’ensemble des employés, la définition de ces valeurs a pris plusieurs mois voir années. Je ne veux pas dire de bêtises, je vais essayer de me renseigner auprès d’un leader libérateur pour qu’il m’en parle un peu plus, si j’ai des informations supplémentaires je les ferai partager ici.

    Pour le salaire, je n’ai pas lu ces témoignages de certains patrons, pourriez-vous me rediriger vers un lien s’il-vous-plaît? j’aimerai beaucoup m’informer aussi de ce qui ne marche pas et comment ces patrons ont procédé pour fixer les salaires.

    Mais j’ai eu le témoignage de M. Desjonqueres. Le salaire a été défini de la façon suivante : tous les employés et l’employeur ont décidé ensemble de la valeur sur le marché de chaque compétence. De cette façon, un collègue qui a exactement le même profil que vous aura le même salaire, cela évite les écarts de salaires inexplicables que nous avons dans la majorité des entreprises (attention, ce trait n’est pas propre à l’entreprise libérée mais est une démarche personnelle qui entre dans le cadre de la libération d’entreprise, encore une fois il n’y a pas de mode d’emploi) qui plombe l’ambiance et qui alimente ce sentiment d’injustice.

    Pour la confiance en général, il a expliqué (je parle surtout de Probionov car je pense que tout le monde connaît déjà FAVI) que ce combat était permanent, une seule injustice et vous repartez presque de 0. Je préfère lire les témoignages des patrons désabusés avant d’aller plus loin, car je ne sais pas quels ont été les problèmes cités.

    Pour la partie sur le lean management qui a été contourné, je vous rejoins et on peut constater qu’il se passe la même chose pour les entreprises libérées. Certains employeurs donnent plus de responsabilités à leurs employés sans jamais leur donner les moyens de réussir et s’auto-proclame entreprise libérée.

    En effet, l’entreprise libérée a avant tout pour but de créer un environnement propice à l’épanouissement des employés. Si quelqu’un s’en sert pour diminuer les coûts, ça ne marchera absolument pas, les employés ne sont pas dupes.

    Le but de l’entreprise libérée est de créer un environnement où le travailleur de base peut lui aussi agir et choisir comment agir au lieu de seulement exécuter. Si l’employé en bas de l’échelle a le « pouvoir » de décider comment travailler, à quoi sert son manager dont le rôle principal dans l’ancienne organisation était de lui dire comment faire son travail? Il n’a plus lieu d’être.
    Les managers de l’ancienne organisation ont en effet été supprimé, mais il y a quelque chose d’autres qui les remplace, et je pense que les gens l’oublient trop souvent. Dans les entreprises que j’ai suivi, les managers ont eu le choix de se trouver eux-même un rôle dans cette nouvelle organisation, ils ont souvent le rôle de faciliter le travail des « productifs » (dans le sens FAVI). Donc c’est faux de dire qu’il a suffit de s’en débarrasser pour que cela se passe mieux. Attention, il est clair que cela a été un changement difficile et violent, on vous annonce d’un seul coup que « Vous ne servez à rien dans la nouvelle organisation » (un peu caricatural mais c’est dans l’esprit). Mais vous avez le choix de votre rôle dans cette entreprise, pas tout le monde ne s’en accommode bien sûr. Encore une fois, entreprise libérée ne rime pas avec bisounours.

    Attention, je n’ai jamais dit que toutes les entreprises libérées étaient en bonne santé avant, mais il est faux de dire que les employés étaient malheureux, que les bénéfices étaient en net recule. Ce serait généraliser et ce n’est pas vrai du tout, c’était sur ce point là que je voulais rebondir. Certaines entreprises allaient très bien avant de se lancer dans cette aventure (HCL technologies, Vineet Nayar par exemple).

    Je connais l’histoire d’Harley Davidson, de ce que j’en ai retenu (corrigez moi si je me trompe) c’est la démarche de l’entreprise libérée qui a sauvé cette entreprise. Cette démarche n’a jamais eu la prétention de garantir des bénéfices et une bonne santé.

    Attention, en aucun cas je n’affirme ici que si vous voulez réussir il faut avoir une entreprise libérée. Mais il faut reconnaître qu’une véritable entreprise libérée (et pas un cheval de troie) apporte des qualités non-négligeables à l’entreprise ET aux employés.
    Je reformule, une entreprise libérée ne permet pas d’être le numéro un mondial mais de créer un environnement permettant d’être plus efficace en utilisant les idées de tout le monde et pas de quelques cerveaux qui exercent de la rétention d’informations pour justifier leurs postes, il n’y a pas de magie.

    Je vais tenter de glaner des informations sur comment les salaires ont été fixé dans certaines entreprises libérées, si quelqu’un pouvait me rediriger vers les témoignages des patrons désabusés, j’apprécierai beaucoup.
    Merci.

  11. Si vous ne connaissez pas encore, chercher sur youtube :
    « Autonomie des salariés et libération du travail dans l’entreprise – Stanislas Desjonqueres »

    Cela répondra à beaucoup de vos questions (et vous vous en poserez d’autres), mais c’est mieux expliquer que moi. Par contre, la vidéo dure 1h20.

  12. @Joseph, je suis pour ma part un auditeur social (et pas un consultant et encore moins un coach) qui est passé progressivement d’une relative bienveillance a une opinion mitigée et maintenant m’affirme dans l’opposition la plus compléte à la notion d’entreprise libérée. Opposition non pas car je tiens à maintenir ces salauds de pauvres dans la servitude la plus totale grâce à l’aide de quelques nervis (on a de temps en temps l’impression à écouter les conférences sur l’EL que c’est cela l’Entreprise) mais plus simplement car les principes de l’entreprise libérée se retournent rapidement contre les collaborateurs et même si il est pavé de bonnes intentions un enfer reste un enfer…

    Pour en revenir à votre commentaire, les 5 valeurs que vous avancez … so what ? il faut rentrer dans la logique de l’entreprise libérée pour respecter ses collaborateurs ? pour développer un management responsable ? pour publier ses chiffres ? bien sur que non … Alors quoique vous puissiez en penser les fondements de l’entreprise libérée résident dans l’obtention d’un avantage compétitif par la maximisation de l’utilisation du capital humain en travaillant à l’accroissement de l’engagement des collaborateurs tout en réduisant les coûts de structure (lignes hiérarchiques managériales et support) pour pouvoir (normalement) les réinvestir dans une logique de type R&D et tout le reste vous m’en excuserez n’est qu’un petit noeud rose histoire de nous faire accepter nombre de sacrifices personnels au profit de l’engagement (je conseille d’ailleurs à tous de creuser la notion d’engagement par rapport à la notion de motivation, ne serait-ce que dans les documents de présentation du Q12 de Gallup).

    Ceci ne me fait dire au contraire que ce qui différencie la notion d’entreprise libérée et celle de lean-management est un principe cher à La Boetie, la notion de soumission volontaire et non pas ces 5 valeurs bateau.

    Je vous rejoins sur votre commentaire, « ce système n’est pas pour tout le monde, des gens sont partis dans les deux entreprises citées à cause de la libération. La libération dure des années au minimum » mais alors pourquoi mettre nombre de collaborateurs (ceux qui sont partis car ils pouvaient le faire et ceux qui sont restés en desespoir de cause) en une situation de souffrance au travail ? L’entreprise libérée serait derrière le paravent l’entreprise du malheur au travail (comme les autres ?). En définitive c’est pas mieux … Et si cette libération dure des années, quelle énergie gaspillée (et quels honoraires de coachs en libération gaspillés pour des conseils parfois à la limite de la dérive sectaire). En fait vous n’aurez jamais de climat de confiance total, il est toujours de facade. De nombreuses études et diagnostics sociaux réalisés au cours de ces dernières années m’ont permis de le constater auprès d’entreprises ayant des modes de fonctionnement similaires à ceux des EL.

    Il n’y a en effet pas de formule pour libérer son entreprise et cela arrange bien les promoteurs de ce machin car la liste des EL est plus que fluctuante et certaines entreprises libérées d’hier ne sont plus celles d’aujourd’hui simplement car cela ferait « tâche » dans le tableau (j’ai des noms)…

    Je pourrais continuer ainsi pour déconstruire le storytelling de l’EL, mais depuis quelques temps, la parole se libère et met en évidence l’absence de lien entre EL et performance de l’entreprise, l’absence de lien entre EL et innovation, l’absence de lien entre EL et éthique et le seul lien existant entre EL et buzz word. Ce storytelling fonctionne car au delà de la pensée pansement, l’EL est à la logique du management organisationnel ce qu’est Barbara Cartland à un prix nobel de littérature, un machin creux, facile à lire et permettant à quelques boites obscures de faire le buzz à peu de frais. Ceci est d’autant plus facile que vous (Joseph) et d’autres (très très nombreux) acceptez le dictat des communicants qui vous dit « ne faites pas plus de x mots sinon ce n’est pas lu »… C’est faux !!! (si ce que vous dites est intelligent et intéressant) l’article « Entreprise libérée entre communication et imposture » aurait normalement du être coupé en 4 pour être lu, nous ne l’avons pas fait. Il a été l’article le plus lu (nombre) le plus longtemps (durée moyenne d’affichage de la page) et le plus commenté sur le blog ou il a été publié. Il faudra un jour que l’on m’explique comment exprimer une pensée complexe en plus de 5000 mots sans l’abatardir.

    Enfin, ne vous méprenez pas, vous pouvez avoir l’impression que les commentaires ici présents sont tous dans le même sens, mais comme le signale Vincent BERTHELOT, notre objet est de faire progresser la réflexion sur de nouvelles formes d’entreprise et/ou d’organisation … (cf les pistes de mon premier commentaire) et pour cela il faut déconstruire toutes les impostures et erreurs conceptuelles. Toutefois sur les groupes « Pro-Entreprise Libérée » ce type de débat est trés souvent impossible car animés et détournés par ceux qui vivent de l’entreprise libérée (ou du moins essayent d’en vivre)…

  13. Bonsoir François,
    Je ne suis pas sûr que nous puissions construire quelque chose d’instructif en utilisant à outrance les exagérations, généralisation et les questions rhétoriques. Si je voulais faire court c’était avant tout pour que la prochaine personne ne réponde pas à 10 questions en même temps et ainsi perdre le fil.

    Pour les 5 valeurs, je n’ai jamais insinué qu’il fallait être une entreprise libérée pour respecter ses collaborateurs ou pour quoique ce soit. Je dis simplement, que si on applique ce que l’on prêche, c’est un bon début pour construire un bon environnement.

    Ensuite pour réduire les coûts de structure. Je suis tout a fait d’accord avec vous, c’est même pour cela qu’on remarque que dans les entreprises libérées il y a beaucoup moins de procédures qui ne servent à rien. Est-ce mal?

    Par contre pour la suite, je pense que vous avez plus d’expérience que moi sur la question, pourriez-vous développer d’avantage le nœud rose? qu’entendez-vous par là? Je vous pose la question car vous semblez être bien en avance sur moi, et j’aimerai en savoir plus.

    Quand à la soumission volontaire au lieu des 5 valeurs bateaux, je pense pour ma part que cela dépend de comment vous appliquez ce que vous prêcher, encore une fois, pouvez-vous me dire pourquoi vous pensez cela?

    Ensuite, comme je l’ai dit la transformation est décidé par le chef de l’entreprise, et comme je l’ai dit ça peut être un processus violent. C’est assez difficile de répondre à vos affirmations car vous semblez avoir déjà toutes les réponses alors que je les cherche encore. Je n’ai pas l’impression d’avoir la place de pouvoir discuter avec vous étant donné l’opinion assez tranché que vous me donner.

    Vous utilisez par exemple des mots comme gaspiller, votre opinion est déjà tranchée je ne vois pas ce que je peux dire de plus. Pour ma part j’aurai dit que le directeur s’occupe du problème long terme, et cela demande de l’énergie et que cela peut être utile.

    Je veux bien les noms des entreprises qui ont raté leur libération ou qui ont simplement trouvé que ça ne leur collait pas, je suis là pour en apprendre plus.

    Encore une fois si j’essaye de faire court c’est pour éviter de partir dans tous les sens et de ne rien pouvoir en retirer. Par exemple, ici, vous me donnez beaucoup d’informations sans me les expliquer, je n’arrive pas à en retirer quelque chose. Peut-être pourrions nous fixer une facette de l’entreprise libérée à la fois et en parler? De plus si je voulais réduire la taille de mon texte c’est parce que le format n’est pas adapté. Je ne peux pas faire de puces/mettre en gras/souligner etc… (ou plutôt je ne sais pas comment faire).

    Enfin sur votre dernier paragraphe, je veux bien en apprendre plus, mais vous me livrez la conclusion sans me montrer le déroulement, pourriez vous prendre un point par exemple qui ne vous plaît pas dans l’entreprise libérée et m’expliquer pourquoi cela ne marche pas? Ou me rediriger si ce travail a déjà été fait.

  14. Merci Joseph pour ces compléments et ces échange passionnants. Harley-Davidson a pris le virage de l’entreprise libérée puis une fois sauvé d’affaires est revenu au système neo-taylorien sans états d’âme.
    Voila le lien sur les salaires http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/remuneration-salaire/il-baisse-son-salaire-pour-augmenter-ses-salaries-mais-le-bilan-est-contraste_1704961.html mais @SaigonSyle en a aussi parlé dans son intervention au TEdex.

    Encore une fois les passions autour de ce sujet montre l’ENORME attente que nous avons à l’égard du travail, de l’entreprise et ce qui nous reste à parcourir comme chemin pour renouer avec confiance, engagement, performance Happy employee ! Et croyez moi je suis l’un des tueurs accrédités de bisounours vu mon passé sur HRchannel et TechtocTV

  15. En fait il me semblerait plus intéressant d’essayer d’identifier avec les bonnes volontés respectives quelles sont les poins clefs d’une organisation plus performante économiquement et socialement.

    Voila ce serait vraiment stimulant de poser un cadre d’intervention sur des exemples de TPE, PME, Grand groupe en se disant « vous avez carte blanche pour rendre les salariés plus heureux et l’entreprise plus performante ! »

    Si non ça me rappelle des discussions d’experts en arts martiaux mais d’école différente ;-) le Huyuan taichi est il supérieur au taichi yang ?

  16. Très bonne remarque vincent, concernant l’affaire de Harley DAVIDSON, je vous conseille la lecture de ce petit billet : http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-133532-entreprises-liberees-et-innovation-1124101.php

    Joseph, je n’ai pas la prétention d’avoir toutes les réponses, loin de là, si mon opinion peut apparaitre tranchée c’est aussi parcequ’ayant a de nombreuses reprises posé quelques questions de bon sens aux gourous de l’entreprise libérée, je n’ai jamais obtenu la moindre réponse (l’un d’eux s’étant même éclipsé en douce de la table ronde prétextant un rdv à l’autre bout de Paris).

    Vous n’êtes pas le premier à formuler les différentes questions et interpellations. Je suis en train d’y répondre de manière plus globale dans un article reprenant de nombreux témoignages de salariés libérés ainsi que l’analyse de certains discours de « libérateurs » et les résultats de quelques audit de climat social. J’espère que vous y trouverez matière à réflexion et que cela apportera les réponses nécessaires mais il faut me laisser encore un peu de temps. Je me permettrais si Vincent le permet de vous l’adresser directement. Mais très rapidement si l’EL c’était simplement comme l’indique Martin RICHER du bon sens managérial, du respect et de l’allégement des procédures je signerais tout de suite (comme nous tous ici). Le problème c’est que ce n’est pas cela et qu’il nous faut ouvrir les yeux, le petit ruban rose autour de la boite masque de gros problèmes …

  17. Bonsoir Vincent,
    Merci pour le lien, j’avais entendu parler du début de cette histoire, je ne savais pas qu’elle avait connu une fin si tragique.

    Je vais exposer mon argument du « Pourquoi je pense ça n’a pas marché » je vous invite bien sûr à faire de même ou me contre dire si vous en savez plus. Tout d’abord il a fait ça sans réfléchir, ensuite, il semblerait qu’il ait fait ça alors qu’il avait un associé qui n’était pas d’accord, puis il a décidé cela de son propre chef sans consulter les employés. Enfin, il n’y a aucune justice dans la décision qui la prise.

    Les 4 ou 5 valeurs que j’avais énoncé ont été retrouvé dans les entreprises libérées qui ont été étudiées. Et il faut les avoir dans l’ordre. Je ne peux pas vraiment l’expliquer (efficacement dans ce format) si vous avez le temps de regarder la vidéo youtube « Autonomie des salariés et libération du travail dans l’entreprise » l’explication sera beaucoup plus claire, mais aussi beaucoup plus longue. On pourrait ensuite rebondir sur certains points.

    Pour l’instant, l’entreprise libérée est pour moi, ce qui se rapproche le plus d’une organisation performante, c’est pour cela que j’avais choisi de réagir et d’en apprendre plus.

    « Voila ce serait vraiment stimulant de poser un cadre d’intervention sur des exemples de TPE, PME, Grand groupe en se disant « vous avez carte blanche pour rendre les salariés plus heureux et l’entreprise plus performante ! » »
    Je ne peux pas être plus d’accord, mais cela doit être infernal à « modérer » pour que le contenu soit exploitable.

  18. Bonsoir François,
    Désolé du double post, je n’ai vu la réponse qu’après avoir poster la mienne. Le billet sur le site les échos remets en effet les pieds sur terre. Une entreprise libérée ne garantira pas les bénéfices ni une imagination débordante.

    Nous pourrions peut-être réfléchir aux questions que vous avez posé mais j’ai compris que vous teniez déjà quelque chose, je peux bien sûr attendre la fin de votre enquête.

    Rien n’est rose dans ce monde, si j’ai la possibilité de savoir où je mets les pieds, je ne vais pas refuser.

  19. Merci beaucoup de ce partage Duc, je suis toujours intéressé par en apprendre plus sur la culture d’autres entreprises, c’est souvent là que j’ai des révélations.

  20. Double poste,
    @Duc merci beaucoup je viens de finir de le lire, je l’ai trouvé très inspirant, j’ai reconnu plusieurs valeurs que je partage et que j’ai retrouvé dans plusieurs organisations, que ce soit dans l’entreprise libérée, HCL technologies qui reprend le même principe des « influencers », l’entreprise du bonheur Zappos qui eux aussi partage une bibliothèque commune.

    Le lien vers la liste des livres est même accessible « Book for Offy Newcomer ». C’est vraiment rafraichissant de découvrir une entreprise comme Officience. Y’a-t-il des livres qui t’ont marqué dans cette bibliothèque? je recherche toujours les bons livres pour changer ma perception des choses.

    Les conseils sur l’attitude à avoir sont aussi très constructifs, j’ai même eu un peu honte en me reconnaissant dans certains comportements non constructifs.

    Encore merci!

  21. Blablablabla. Excusez-moi d’être provocateur.

    1) Certains propos me rappellent furieusement les débats des année 70 et 80, la touche californienne, hippie et New Âge en moins. C’était quand même plus marrant. Il faut relire « L’âge du verseau » de Marylin Ferguson. Malheureusement, elle est morte d’une overdose.

    2) Ce qui est en cause, c’est la crise du travail, du sens du travail, de la finalité du travail, du statut du travail ; l’entreprise ne répond pas aux attentes de ses collaborateurs ; or, celles-ci ne sont pas les mêmes d’une culture à une autre, d’un individu d’une même culture à un autre, et d’un âge de la vie d’un même individu à un autre. Voir les enquêtes de terrain à ce sujet.

    3) L’engagement ne peut se faire qu’en fonction d’une certaine finalité ; quelle est donc sa finalité dans l’entreprise libérée ? D’abord l’entreprise n’existe pas juridiquement ; ce qui existe, c’est la société commerciale qui exploite l’entreprise. Autrement di, l’entreprise roule pour les actionnaires. Tant que vous ne serez pas passés de la théorie de l’agence à celle des parties prenantes (Freeman), vous n’aurez pas avancé ; l’entreprise libérée appelle un changement de gouvernance et de statut juridique.

    4) A ce sujet, le chef d’entreprise bienveillant de l’entreprise libérée porte un nom en science politique ; il s’agit d’un « despote éclairé » ; il y en a d’excellents, comme Poutine, et d’autres qui le sont moins ; en démocrate naïf, lecteur de Montesquieu, j’aimerais donc que les gourous de l’entreprise éclairée « fondée sur la confiance » s’intéressent davantage au rôle de la représentation du personnel, et éventuellement des syndicats.

    A défaut de se prononcer sur ces points, le débat sur l’entreprise éclairée restera une conversation de café. Et conversation de café pour conversation de café, j’aime autant la pratiquer à une terrasse derrière un verre de bon Gaillac.

    Hubert Landier

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