Archives pour la catégorie blog

Expert 2.0 en sa propre entreprise ?

Nul n’est expert 2.0 en sa propre entreprise…sans un peu d’aide !

Il est extrêmement courant d’avoir des échanges, des demandes de conseils ou d’intervention de personnes qui par ailleurs ont une excellente compréhension des enjeux du 2.0 pour l’entreprise et une bonne maitrise des outils comme des concepts.

A l’heure ou au bout de quelques mois certains s’auto-déclarent « expert » en social media strategy ou autre ronflitude 2.0 ces rencontres avec de vrais professionnels aguerris et discrets qui ont développé humblement leur connaissance du 2.0 est une aubaine.

Ils connaissent de plus la culture, l’histoire, les sponsors éventuels et les risques d’opposition et on en finit à se demander mais que puis-je apporter de plus si non un échange entre pairs ?

En fait trop souvent ces mêmes personnes ne sont que peu reconnues pour leur expertise en interne et passent pour des « passionnés » ou pire des « illuminés » car on les a identifié sur un poste avec un parcours et on ne les imagine pas avoir d’autres compétences !

Dans ce type de configuration le rôle de l’intervenant est crucial, il doit former un tandem avec cet expert interne si il l’a identifié comme tel  afin de lui mettre vraiment le pied à l’étrier, lui permettre d’éclore sous sa nouvelle identité professionnelle en lui offrant l’opportunité de montrer ses compétences. Si l’expertise revendiquée par la personne n’est pas évidente c’est à un travail de coaching qui passe par un accompagnement mettant en avant les connaissances, compétences à développer tout en réalisant la mission. On peut d’ailleurs proposer un transfert de compétence ou l’assumer de façon implicite.

Ainsi ce n’est pas seulement la présentation des enjeux du 2.0 aux dirigeants qui est important c’est aussi leur montrer que des ressources existent déjà en interne qui leur permettront de s’engager plus facilement dans le changement.

Je trouve particulièrement intéressant, même si parfois délicat, ce type de travail car il demande de la subtilité et de se positionner plus en tant que facilitateur que de leader.

Délicat car si on fait appel à vous c’est parfois contraint par le Top Management qui veut l’assurance de voir un spécialiste estampillé en face et non un ordinaire collaborateur qui semble avoir quelques notions de ces nouveaux usages. Le « name droping » est Roi et la demande pour une présentation qui claque est forte…mais que reste-il après le spectacle ?

La plus-value de l’intervenant externe est de préparer sa présentation en fonction des échanges avec le professionnel interne afin que celle-ci soit une première étape qui pose naturellement les jalons de la progression du projet après son intervention.


En conclusion je soulignerai que l’expertise est souvent répartie car celui qui fait appel à vous est au moins expert de son entreprise dans toute sa complexité et la position perpétuellement haute de certains consultants dont l’envie de les nommer herr doktor professor est grande ne favorise guère sa compréhension. Elle rigidifie les interventions en enfermant chacun dans un rôle.

Enfin c’est une erreur grossière de vouloir rendre les clients « prisonniers » de son expertise, on fera appel à vous de toute manière si vous permettez d’accélérer les projets, de faciliter leur réussite et pas seulement pour prendre une leçon de 2.0.

 

Veille et E-reputation, on en parle le 7 juillet à Media Aces!

Media Aces organise le 7 juillet une conférence de fin de saison; toutefois riche comme vous pouvez le constater avec le programme ci-dessous.

  • Yann Gourvennec, Orange, Réinventer la veille et être acteur de son e-reputation
  • Stéphane Lapeyrade, Alcatel-Lucent, Que faire sur les médias sociaux quand on est une entreprise B2B?
  • Benjamin Benita, Universcience, Universcience et les réseaux sociaux

Son Président Yann a bien voulu faire un point avec-nous en avant première sur le sujet passionnant de la veille active qu’il abordera lors de cette conférence. Sujet passionnant qui a d’ailleurs fait la richesse de nombreux articles de ce blog :

Bonnes pratiques de la veille du web social

La veille en social marketing

 

Bonjour Yann, que conseillerais-tu aux organisations qui n’ont pas encore de veille interne et qui sous-traitent à des consultants externes ? À celles qui n’ont qu’une veille artisanale effectuée de manière disparate entre quelques personnes dans l’entreprise ?

Paradoxalement, je ne pense pas que cela soit un problème. D’une part, notamment dans les grandes entreprises, cette veille que tu indiques comme étant « disparate » est en fait le résultat des échanges spontanés et auto-organisés des membres d’un réseau spontané, et ce principe est contrairement ce qu’on pourrait croire très efficace dans le cadre d’alerte autour des crises. Ceci ne me choque pas outre mesure.

Les individus sont souvent les plus à même de signaler les crises quand elles arrivent ou quand elles vont arriver, car ils sont doués de jugement, ce qui n’est pas le cas des outils automatisés. De même, recourir à un consultant externe me choque pas non plus, il est des cas, nombreux, où l’entreprise a besoin d’apporter des ressources externes qu’elle n’a pas réussi ou qu’elle ne peut pas se permettre de développer en son sein.

Par contre, ce que j’ai remarqué également, c’est qu’il était plus facile de travailler avec ce même consultant à l’intérieur de ses propres équipes, pour pouvoir mieux échanger directement et plus efficacement. Enfin, dans les grandes entreprises, la problématique est moins de ne pas avoir de veille interne et d’en créer une ex nihilo, que d’essayer de faire la liaison et la synthèse entre toutes les veilles déjà réalisées dans l’ensemble de l’entreprise. Ces dernières années, les éditeurs de logiciels notamment, certains consultants en médias sociaux aussi, ont tellement fait peur aux responsables marketing dans les entreprises, que ceux-ci n’ont vu que le côté négatif des médias sociaux et de la e-réputation, et que de ce fait, énormément d’entreprises de par le monde se sont mis à acheter des produits d’alerte et de veille, jusqu’à en perdre d’une part de vue la vue globale, mais aussi la maîtrise des achats.

Peux-tu nous donner des exemples contre-exemples pour illustrer tes propos ?

Un des meilleurs exemples que j’aie vu dans mon expérience personnelle, est le résultat de quelques années de travail autour de la veille et les livrables qui ont découlé. En l’occurrence, des relevés de veille quotidiens avec des centaines de liens tous les jours, sur lesquels on peut difficilement agir. En outre, l’analyse de tonalité (analyse de sentiments en Anglais) est difficilement exploitable. Il s’agit la plupart du temps de domaines sur lesquels le jugement humain est crucial, et le meilleur outil dans ce cas est la discussion, la réunion de crise, pas l’outil d’alerte. Les crises sur lesquelles, sans descendre dans les détails car je ne peux pas le faire ici, nous avons été alertés par des individus et non pas par les systèmes d’alertage sont nombreux. Pas plus tard qu’il y a quelques jours encore, et cela arrive de façon quasi systématique, car encore une fois les réseaux humains sont très puissants; il ne faut pas l’oublier.

Yann est-il possible de faire un bilan de media aces à mi-année de dévoiler le programme pour les prochains mois ?

Media aces et une association qui s’est beaucoup développée, nous avons près d’une quarantaine de membres et continuons d’en engranger régulièrement ; nous les annonçons sur notre site http://france.media-aces.org. Les bilans de nos conférences sont bons, avec de l’argent qui rentre bien dans les caisses de l’association, ce qui lui permet de bien vivre et d’organiser plus d’événements. Les échanges entre les membres sont cordiaux et positifs.

L’événement le plus marquant de l’année 2011 est sans aucun doute la sortie du livre dans lequel figurent les témoignages de nombre de nos membres : « les médias sociaux expliqués à mon boss » (http://amonboss.com), vendu à près de 2000 exemplaires, ce qui n’est pas mal pour un livre de ce genre. Le programme dans les prochains mois autour de ce livre est chargé.(Voir article de CWS)

D’une part, avec l’aide de notre ami Kristen Sukalac, Présidente de IABC en France, nous prévoyons une adaptation anglaise de ce livre dont le titre traduit en français sera probablement « Social Media From The Trenches ». Mais nous préparons également avec Kawa éditions la deuxième version du livre qui paraîtra probablement l’année prochaine, et pour ce faire nous vous réservons un coup de buzz dont on nous dira des nouvelles d’ici la rentrée 2011. À suivre…

La conclusion en cette veille de grandes vacances pour nombre d’entre nous ?

La conclusion au sein de mon équipe ici chez Orange.com, c’est que les grandes vacances sont pour nous sont une période assez chargée, car occupée d’une part par une refonte de sites importantes, et d’autre part par des projets médias sociaux qui démarrent dès la rentrée en Août. Les machines, et les personnes, ne cesseront donc de travailler cet été ; pour nous pas de grandes vacances, mais des roulements qui vont nous permettre de continuer à travailler normalement.

Quant à mes réflexions sur les médias sociaux en général pour la rentrée 2011, sont celles basées autour des signaux faibles avant-coureurs d’une bulle financière qui tend à se créer autour des médias sociaux, et qui devient légèrement inquiétante. En même temps, pas trop d’inquiétude à ce sujet, car le je pense que, comme The Independent l’a écrit il y a une semaine, que la correction financière qui interviendra par la suite sera le bon moyen d’assainir les choses et de repartir de plus belle. Le Web social est là et bien établi, il suffit de remettre les espérances au bon endroit, et de ne pas survendre les choses.

Merci Yann et longue vie a Media Aces !

Comme des arbres sans racines

Voila parfois à quoi me font penser certains intervenants en particulier quand il s’agit de parler de sujets qui semblent demander une expertise en médias sociaux : des arbres sans racines.

Ils sont parfois assez beaux et peuvent séduire mais un coup de vent violent les voient s’écrouler car ils ont grandis trop vite arrosé par des lectures de blogs, d’articles, de livres, des conférences, des vidéos et quelques années d’expérience dans un domaine souvent de Com, RH ou marketing.

Purs produits du social learning ils brulent les étapes et se croient maitre avant même d’avoir été élèves.

Tomber  et se relever fait partie de l’expérience mais autant le faire à votre compte et non pas lors d’une mission car à apprendre en marchant on risque d’avancer mais avec des béquilles au bout d’un moment.

Certains sont doués et sauront résister aux premiers coups de vent pour permettre à leurs racines de leur donner profondeur et stabilité. D’autres disparaitront aussi vite qu’ils sont apparus après avoir vainement camouflé une croissance mal assurée en empruntant parfois maladroitement les paroles voire les écrits des autres quitte à emporter dans leur chute quelques clients. J’ai pu encore en être le témoin il y a tout juste quelques semaines.

La durée n’est pas gage de talent mais au moins de professionnalisme et à ce titre j’aimerai citer au titre de mes racines un blog qui m’a permis de grandir et résister aux tempêtes.

Ce blog c’est B-R-ent, un blog collectif avec mes deux amis de routes digitales, Gilbert Reveillon et Xavier Aucompte.

Un blog qui nous a vu écrire des articles fulgurant et d’autres mauvais mais construite collectivement une communauté de partage autour de nos sujets de prédilection, Intranet 2.0, univers virtuels, entreprise 2.0…

B-R-ent est un blog qui a compté et a tracé la route de nombreuses personnes sur les réseaux sociaux avec des commentaires éclairés parfois meilleurs que nos articles, souvent vifs mais toujours instructifs. Un blog qui nous a permis de creuser, valider nos approches projets, d’alimenter nos interventions pour ne jamais être convenu et attendu, de prendre des risques, d’innover et je l’espère devenir meilleur de tout cela. Si d’autres en ont autant bénéficié que nous c’est un formidable pari que nous aurons gagné !

Je suis au passage un peu surpris de ne pas le voir dans une étude comme celle de USEO quand elle cite ceux qui sont les racines cognitives en France de l’entreprise 2.0 car sans nul doute B-R-ent en fait partie, il n’est qu’à voir sa date de création, le millier d’articles publiés, les milliers de commentaires et les centaines de milliers de visiteurs.

B-R-ent est un arbre majestueux qui a permis à des arbres plus petits comme ce blog de se développer et nous continuons à le chérir selon nos obligations professionnelles avec un style de billets bien particulier, différent de ce que vous avez l’habitude de lire ici.

Certains aimeront la légèreté du ton, d’autres préféreront des articles plus posés et réfléchis comme ici sur conseil web social.

Mais je vous invite vous aussi à venir lire, commenter, voire écrire sur B-R-ent et participer ainsi à cette grande aventure pour devenir les roseaux pensant ou les Chênes du 2.0 ou pour les plus aguerris nous faire profiter de votre ombrage en ces temps ensoleillé!