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Quand on joue avec les règles du Cluetrain Manifesto…on joue avec le feu.

Vincent | 8 janvier 2012

Je suis un profond admirateur de l’œuvre collective qui avait été entreprise il y a plus de 10 ans par une demi-douzaine de personnes et qui permis la rédaction de la bible des médias sociaux : The Clue Train Manifesto. Une vision citoyenne de ce qui allait faire la force du web social imprègne cet ouvrage

Ces derniers temps des soit disant « bad buzz », qui finissent très bien, commencent à se multiplier et laissent entrevoir une possible manipulation des clients et internautes.

Le Cluetrain affirmait dans ses visions : Markets demand transparency, authenticity and trust.

Je vais reprendre deux exemples récents qui laissent planer le doute sur le respect de cet axiome vital du Cluetrain : Petit Bateau et La Redoute.

Petits Bateaux avait sorti une ligne de sous-vêtement avec des inscriptions qui pouvaient passer pour drôles ou sexistes

Un très bon article de Arnaud Guillaume a repris de manière détaillée le déroulement de cette « crise » et apporte suffisamment d’éléments pour éventuellement y voir derrière, la main d’une agence de com ou marketing.

Le pari est simple, on donne de quoi alimenter les commentaires mais rien de vraiment sérieux qui pourrait entacher la réputation de la marque ce qui provoque un maximum de conversations sur le web répondant à l’un des premiers axiomes du CTM : Les marchés sont des conversations.

 

La Redoute vient de faire l’actualité de cette dernière semaine avec une publicité ou l’on voit en premier plan des enfants rigolards et en arrière-plan un homme nu sortant de l’eau.

Comment croire que, hormis un acte de malveillance, toute la chaine de production de l’agence aux responsables de La Redoute, personne ne soit aperçu de ce « léger » détail ?

Il faut dire que le community Management à La Redoute semble faire ses armes sur le terrain à coup d’essais/erreurs, eux qui avaient déjà pris un bad buzz en 2010 pour un reportage d’un happening interne en pleine crise.

Alors les excuses de La redoute sur son compte Facebook et son caviardage des commentaires des visiteurs sur sa bévue sont finalement une réaction pas si mauvaise faceà cette crise mais qui sur le fond ne donne toujours pas l’explication du comment un shooting avec des enfants a pu se faire sur une plage naturiste…

Du coup d’autres marques comme Orangina, typex, lme Club Med ou même les 3 Suisses surfent sur ce bad buzz pour en récupérer quelques miettes avec plus ou moins d’humour mais au moins réactivité et à propos.

L’analyse rapide des commentaires sur les pages Facebook des deux marques montrent pour certains le doute quant à l’authenticité de ces erreurs et un malaise à être manipulé pour permettre à la marque de faire parler d’elle en créant artificiellement une situation de crise.

D’autres s’interrogent sur éventuellement des shooting low cost qui pourraient expliquer la dernière de La Redoute avec un mannequin portant un sweat-shirt tâché dans le catalogue!

Rien n’est affiché en pleine lumière et à chacun de se faire son opinion mais Il est clair qu’un scénario se dessine actuellement dans certaines agences qui peuvent proposer à leurs clients des scénarios à risque mais aussi avec un avantage coût-audience non négligeable.

La recette est simple : organisez un bad buzz pas trop méchant avec une vidéo, photo qui sont les contenus les plus viraux, prévoyez derrière X scénarios pour aider le bad buzz à démarrer et se répandre et surtout comment y répondre au fur et à mesure qu’il progresse et l’éteindre une fois suffisamment brûlé.

C’est un scénario de pompier pyromane qui a plusieurs défauts et présente plusieurs risques au-delà de l’aspect moral voire éthique.

Pensez-vous que Petit Bateau et La Redoute pourront nous refaire le coup avec la même efficacité ou même que ce scénario ne va pas rapidement perdre de son efficacité à mesure que son authenticité est mis en doute.

Que se passera-t-il si l’on parvient à savoir ce qui c’est vraiment passé ?

Nous sommes à l’opposé des valeurs tant affichées, de transparence, de confiance et d’authenticité sur le web social et au contraire dans des dispositifs ou l’on ne cherche pas la conversation mais un déferlement de commentaires auxquels on ne répondra pas mais qui nous feront apparaitre dans tous les moteurs de recherche.

Ces dérives du marketing et de la com peuvent avoir des effets dévastateurs à plus ou moins long terme sur la confiance que l’on peut avoir dans le web social et l’expression des entreprises sur celui-ci. Certaines entreprises ont déjà été condamnées pour avoir organisé des votes et des commentaires sur leurs services et produits afin d’influencer le client et ce que nous voyons-là est juste un pas en avant vers l’idée que tout est possible du moment que cela rapporte des pages vues et des commentaires. Est-il possible pour une entreprise de développer ce type de campagnes et de conserver une image employeur à l’abri d’éventuels retour de flammes ? Quels effets en interne sur ce type de médiatisation de l’entreprise?

Qu’en pensez-vous ? Bad buzz réel ou stratégie de l’art de la manipulation ?

 

 

 

 

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cluetrain, La Redoute, manifstyo, marketing, Orangina
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Community management : Tous ont des certitudes. moi seul reste dans l’obscurité. (Lao Tseu)

Vincent | 23 juin 2011

Les bonnes pratiques de community management sont assez bien connues désormais et de nombreux cas de réussite ou d’échec sont relatés pour en tirer des enseignements, des bonnes pratiques.
La dernière en date étant celle de la marque Petit Bateau qui montre qu’il est parfois bon de rester aussi immobile qu’un arbre en attendant le bon moment pour réagir et que nombre de personnes viennent commenter non pas pour la marque elle-même mais par l’odeur du buzz alléché.

Le community management d’un réseau social d’entreprise ne répond pas aux mêmes règles et disons le tout de go (oui c’est un jeu chez moi !) pas aux même profils pour assurer cette subtile activité.

Alors pour commencer, oubliez les consultants pour animer votre réseau social interne !

Ils n’ont aucune légitimité par rapport aux salariés de votre entreprise, aucune connaissance de sa culture, des enjeux et jeux de pouvoir et bien souvent une croyance inébranlable que ce qui marche ici marchera ailleurs grâce à leur talent dans l’utilisation de la méthode Coué.

Le consultant ne peut être en première ligne mais en revanche il peut vous aider à mettre en place une stratégie, accompagner, former vos propres community manager pour que vous soyez rapidement autonomes.

Ces community managers internes ne le seront pas à plein temps, en fait pensez à faire de chacun de vos managers un community manager en puissance.Vous pouvez avoir le projet d’ouvrir une communauté sur un sujet précis mais qui n’est pas destiné à perdurer plus de deux ou trois mois afin de préparer un plan d’action. Imaginez des sujets comme la question de la laïcité, celle du nouveau plan d’entreprise ou bien la préparation d’un séminaire pour la communication, les RH…

Le conseil que je vous donne c’est de répartir sur le plus grand nombre de managers possible l’activité de community management et de ne prendre un consultant que si vous n’avez pas les compétences en interne pour les coacher.

Là encore pensez à investir dans l’avenir en demandant à ce consultant d’animer en tandem avec un profil spécifique interne qui lui pourrait assurer un rôle plus pérenne de Chief community manager dans l’entreprise.

Le rôle du consultant doit devenir peu à peu invisible en laissant une autonomie aux CM internes pour leur permettre d’acquérir expérience et confiance.
Prendre un consultant pour animer un réseau social interne c’est comme prendre un superbe chef d’orchestre sans penser aux musiciens.

Ce consultant aidé du futur Chief community manager va confier des tâches d’animation à des managers dont on sait qu’ils ont une certaine dose de leadership et d’écoute de la part de leurs collègues. Il va préparer un plan de montée en compétence, de suivi, de relance et d’encouragement.
Il y a plusieurs clefs de réussite dans un tel projet pour susciter l’implication des salariés. Elles sont parfois peu naturelles et c’est là que le consultant peut donner toute la plus value de son talent mais certainement pas en première ligne au risque de voir une position attentiste se développer.

Pour le rôle de community manager de votre réseau social interne faite avant tout confiance à vos propres managers !

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community management, conseil chief community manager
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Community manager bio-dégradable

Vincent | 27 mars 2011
J’ai eu le plaisir d’animer une rencontre sur le thème du community management. La richesse des échanges et des différents points de vue a permis à tous de progresser sur notre compréhension des enjeux de cette activité de community manager (CM) ou animateur en interne.
Pour ma part le community management doit être assuré non seulement par vos employés( et non par des consultants externes ou pire stagiaires) mais surtout chaque manager devrait être un peu community manager.
J’ai eu confirmation par plusieurs entreprises de l’intérêt de ce choix avec des formes plus ou moins poussées :
  • Certains demandent aux managers d’assurer cette tâche «en plus», ce qui me semble présenter un réel risque,
  • D’autres au contraire ont formalisé pour certains managers un temps spécial dédié à ce nouveau rôle.

Le risque de ne pas cadrer cette activité est d’une part de la fragiliser car finalement c’est un peu comme chacun peut ou au contraire veut et de laisser les plus intéressés devenir totalement addict de cette nouvelle facette au détriment de celles qui demeurent de leur responsabilité managériale !

il est d’alleurs frappant comme le remarquait un participant que les qualités, compétences fixées pour un CM selon France-Télécom Orange sont à 90% celles que nous devrions attendre d’un manager!
Maintenant il faut bien un chef d’orchestre, que nous nommons Chief Community manager (CCM,) pour que dans l’entreprise on joue une même partition, on partage le même sens et les mêmes valeurs des interventions et responsabilités d’un community manager.
Mais au lieu de tirer vers la professionnalisation et la reconnaissance de quelques CM dans l’entreprise, dépendant soit des grands services ou activités et se calquant ainsi à l’ancienne organisation souvent en silo, la discussion nous a enmmené vers une dilution de ce rôle pour chaque manager à terme.
C’est une très belle idée qui à l’inverse de focaliser sur un nouveau métier avec des fiches de poste, une gestion des compétences, des carrières de CM… renverse le postulat en changeant de paradigme et en plaçant le CM au coeur de l’évolution des entreprises dotées de réseaux sociaux vers une organisation de type wirearchy.
Réflechir à ses nouvelles compétences pour développer des nouveaux usages avec une carte du territoire ancienne ne peut que nous enfermer et conduire à des réseaux sociaux d’entreprise maintenus à bout de bras par des CM alors que nous visons un écosystème autorégulé.
Voila donc l’idée du CM biodégradable :
Plus l’entreprise progresse vers l’intégration de ces nouveaux usages plus les actions du CM deviennent légères, à la marge, car chacun donne un peu de son temps pour un CM transversal et collaboratif.
Une trop grande formalisation des community managers risque de produire des effets inverses à ceux recherchés en focalisant ces tâches sous la responsabilité de quelques-uns quitte à en faire une fonction à part et au poire une marotte de la direction.
Encore une fois on ne peut qu’être frappé des enseignements de la pensée orientale à nos situations actuelles. Ainsi si l’on reprend l’esprit du Tao selon Lao-Tseu on trouve des pensées qui nous aident à progresser sur cette vision d’un community manager d’autant plus puissant qu’il est invisible et doux.
Il ne fait pas de lui-même l’origine de son attention et ainsi il brille.
Il ne cherche pas à se justifier et ainsi il devient sa propre preuve.
Il ne prétend pas et ainsi on lui fait confiance.
Il ne rivalise avec personne, et ainsi personne ne peut rivaliser avec lui.

Cet esprit est celui que la douceur, l’humilité et la souplesse sont plus forts que la force et la raideur dans une approche directe et conduisent peu à peu au non-agir…
Plus vous renforcerez la fonction de community manager plus vous affaiblirez sa capacité à obtenir des résultats durables et naturels !
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community manager, Lao Tseu, taichi, tao te king
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