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En quoi les RH sont-elles indispensables à une entreprise performante?

Vincent | 20 juillet 2011

Billet de vacances, celui-ci sera pour une fois plus philosophique que pratique car c’est certainement le moment où l’on peut se permettre de prendre un peu de recul.

Que ce soit sous forme de question ou d’affirmation ce sujet a souvent été abordés dans différents blogs plus ou moins spécialisé mais il semble que les bonnes réponses ne soient pas si courantes.

La question est bien différente de l’affirmation comme quoi le RH seront les leaders de l’entreprise de demain ou les RH sont les nouveaux strategic ou business partner. Celles-ci sont pleines de bonnes intentions mais peu suivi d’effet comme les belles phrases du type « il faut remettre l’humain au cœur de l’entreprise ».

Les RH sont toujours en attente d’une place de choix auprès du DG mais  rarement récompensé. Mal apprécié de la direction car souvent domaine de négociation, d’incertitude, de pression pour assurer les relations sociales avec des syndicats toujours plus revendicatifs à mesure qu’ils s’affaiblissent, mal aimé des salariés qui jugent ne pas avoir la carrière ou le salaire qu’ils méritent, le blues du RH est commun…

Il faut reconnaitre aux RH la prise en compte d’un écosystème complexe et leur capacité à plus ou moins bien mettre les personnes aux bons endroits pour que au final l’entreprise fonctionne et produit des services ou des produits concurrentiels. Mais la pression des résultats conduit aux réorganisations, au lean management et au bonheur des consultants vendeurs de réduction des coûts. Le magnifique Lego menace de s’écrouler un peu plus chaque jour par un désinvestissement assez général bien que motivés par différentes raisons.

  • Les employés, ouvriers ne se sentent ni considérés ni assez bien payé pour faire plus que le strict minimum. Souvent ils ont l’impression qu’on leur a ôté le plaisir du travail bien fait pour produire plus vite et moins cher. Perte de reconnaissance
  • Le management intermédiaire, agent de maitrise et cadre, est épuisé moralement par tant de revirement de la direction sur les « nouveaux » axes stratégiques, les nouvelles valeurs qu’il faut expliquer sur le terrain, porté chaque jour jusqu’à le tout soit balayé par la prochaine vague toujours plus forte et plus rapide. Perte de sens et de confiance.
  • Les cadres sont soient surinvestis soient en apesanteur mais ce corps social si moteur auparavant montre lui aussi des signes sérieux d’essoufflement et a compris que le passage vers le plafond du dessus, cadre dirigeant ne sera pas facile. Perte d’adhésion.

Le paysage est sombre mais pas si caricatural qu’il ne pourrait le sembler. Il ne tient pas qu’à la logique économique ou la puissance du facteur financier, il tient au désenchantement de l’entreprise.

L’entreprise c’était avant du point de vue des aspirations personnelles, de la soif de développement, d’accomplissement de la grande majorité des salariés comme le matériel informatique : l’entreprise permettait d’accéder à ces machines puissantes et sophistiquées.

30 ans plus tard, l’aspiration au développement s’est massivement reporté en externe et la micro-informatique d’entreprise fait triste figure face à l’équipement personnel.

Prendre le 2.0 comme un nouvel outil de « productivité » c’est faire abstraction de cette évolution et du contexte actuel. Penser que les salariés seront assez  naïfs pour investir sur de plateformes collaboratives, participatives calibrées afin d’améliorer les process, les produits et donc souvent les cadences sans savoir ce qu’ils vont en retirer en tant qu’avantages personnnels c’est être très optimiste.

Il est à craindre que nous assistions à ce que nous avons pu voir au début de l’intranet, une multitude de projet locaux avec plus ou moins de réussite et de budget mais aucune gouvernance et encore moins d’objectifs partagés de manière transversale avant d’être déclinés localement.

Une entreprise qui tombe dans ce travers va perdre beaucoup d’argent, d’énergie mais surtout de capacité à s’investir des salariés qui seront une fois de plus perdu dans les différents projets qui se croiseront sans synergie.

La base d’un réseau social qui peut devenir l’un des piliers de l’entreprise 2.0 est de ne rien faire qui ne mette justement l’humain au centre du réseau.

Lisez entre les lignes des projets actuels, l’humain n’est là que pour apporter une touche de conversation au profit de l’amélioration d’un process, d’une tâche, de la fluidité des activités.

Le 2.0 est vu comme la réponse à ce que Crozier avait nommé le pouvoir de l’organigramme caché, celui qui permet que l’entreprise tourne est n’est ni inscrit dans les fiches de poste, dans les best practices ou l’organigramme mais dans le jeu des acteurs.

Simplification dangereuse et désillusion brutale à prévoir car les acteurs ont bien intériorisé que les moyens de protection de leur activité et d’extension de leur pouvoir ne passent pas par le partage mais au contraire le troc !

Rien de profond ne changera si nous ne modifions pas l’ADN actuel des organisations, du management et seuls les RH mandats par la direction sont à même de le faire.

Travailler avec l’ensemble du corps social une autre façon de travailler ensemble, une autre évaluation de l’apport de chacun à l’ensemble, d’autres moyens de se former et bien sûr de manager. Remettre l’humain au centre de l’entreprise c’est se rappeler de son nom, ses aptitudes, ses envies, passions et non pas l’aborder comme une ressource désincarnée, une pièce d’un lego géant que l’on peut réorganiser selon ses envies.

Les slides sur le 2.0 pleines de couleur ne suffiront pas à modifier ce qui est profondément ancré dans les modes de fonctionnement actuel.

Il faudra s’attaquer aux différents champs sur les quels cette représentation de l’entreprise s’appuie…et non ce n’est pas la place de parking ou la voiture de fonction du DG comme un subtil consultant l’écrivait il y a quelque temps…

Mais bien plus consistant :

  • Principes d’évaluation
  • Principes de rémunération variables pour récompenser l’apport au collectif
  • Principes de reconnaissance
  • Ethique et pas seulement charte d’usages
  • Gestion de carrière, gestion des talents, mobilité
  • Formation, plus souple, réactive que les formations présentielles ou les dispendieuses formations E-learning et toutes leurs déclinaisons
  • Renouveau des relations sociales et du dialogue social
  • Nouveau positionnement du management et nouveaux indicateurs d’évaluation de leur travail de facilitateur, développeur, apporteur de sens
  • Forme de travail, travail nomade, à distance…
  • Travail sur la place de la communication, corporate, managériale, personnelle
  • Prise en considération des risques psycho-sociaux de manière dynamique

Le réseau social sans toucher à ces fondamentaux ne peut jouer qu’un rôle mineur d’amélioration. Celles-ci ne sont pas à négliger et notre blog en a présenter souvent des exemples mais elles resteront que des amortisseurs sur une voiture très fatiguée !

 

Mais pourquoi changer et faut –il tout changer ?

Le pourquoi est simple, pour continuer à vivre !

Le degré de changement dépend de chaque entreprise et parfois dans certaines des petits changements bien conduits peuvent avoir des effets en cascades qui peuvent s’avérer des sources de transformation douce.

Nous allons pour l’exercice simplifier ce choix : préférez-vous continuer à tenter de trouver encore des sources pour gagner en productivité tout en sachant que ce que vous gagnez de manière visible vous risque de le perdre de manière obscure (absentéisme, accidents de travail, grèves…), ou voulez-vous passer un nouveau contrat de travail, voire contrat social.

Ce nouveau contrat c’est la performance sociale.

Si nous reprenons la pelote que nous avons dévidée en début de billet il suffit de remettre certains ingrédients pour retrouver de nouvelles marges d’amélioration.

Qui est capable de mesurer la différence de qualité de travail entre un salarié, concerné, impliqué et un autre désabusé ? Pas grand monde mais pensez-vous qu’elle dépasse les 5, 10 , 15 % ?

Je vous laisse à vos calculs mais une entreprise dans laquelle on explique clairement aux salariés que l’on va travailler autrement pour leur permettre de mieux s’investir car ils seront plus écoutés, récompensés et respectés, donne autrement envie qu’une autre ou les salariés se voient expliquer par leur responsable que les résultats ne sont pas assez bons et qu’un nouveau plan d’action stratégique décliné en 12 étapes va se mettre en place sans qu’ils aient été informés, consultés ou associés ! Voilà la perte de sens dont nous parlions, des ordres, des décisions qui « tombent » d’en haut mais souvent à côté !

Les RH peuvent développer cette entreprise plus performante socialement et économiquement mais aussi de manière plus durable sur ces deux points car ne considérant pas les hommes comme des pions mais bien des acteurs avec leur autonomie et leur formidable capacité d’investissement et d’adaptabilité.

Parlons-en à la rentrée pour aborder le comment !

 

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Conseil web social, Entreprise 2.0, relations sociales
Tags
2.0, DG, entreprise 2.0, lego, management, RH
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Google + « Jeter une brique pour récolter du jade »

Vincent | 11 juillet 2011

J’ai répondu à une demande du Journal du Net sur google + que je vous propose de partager aussi ici

Google + est fun, bien plus fun que Google Wave qui fut un flop. Google a joué l’éponge et c’est réussi, une interface soignée mais surtout un lancement assuré avec des vidéos sur mesure, des tutoriels et un buzz jusqu’à rupture d’invitation…

A la première prise en main, Google Plus est intuitif et il y a un côté presque Wii à prendre ses contacts et les placer dans des cercles suivant le type de relations que l’on a avec eux. Chouette : j’ai 500 Mii à mettre dans des cercles !

Bon, au bout de la lettre C j’ai abandonné l’ouvrage quelque peu taylorien. De toute façon une fois que vous avez assez de contacts il vous suffit (un peu à la manière de Linkedin) de cliquer sur l’un de vos « liens » pour accéder à ses propres liens. Il semble que sur Google Plus ce soit bien plus facile que sur Linkedin ou Viadeo, un peu à la manière d’un… Facebook .

Comme sur Facebook je peux me faire taguer sur une photo et comme Facebook nous avons tous intérêt à jeter un coup d’œil sur les conditions d’utilisation et la confidentialité de nos données. A voir aussi les alertes sur vos photos, commentaires, articles qui vont vite venir submerger votre BAL si vous n’avez pas mis les bons paramètres.

Dans les premiers échanges avec les amis de Twitter (@matthiasviry, @O_Berard), voici quelques points que nous avons relevés et qui font consensus entre-nous. Google Plus est :

- une réussite ergonomique

- une orientation pro qui, vu les fonctionnalités, pourrait peut-être devenir la solution de demain du réseau social in the cloud !

En effet Google Plus vient s’inscrire dans l’écosystème déjà riche de Google. Imaginez : vous avez donc en plus de l’agenda, de la messagerie, du chat, des dossiers partagés avec Google doc, ni plus ni moins qu’un réseau social rich media. Au passage on note l’intégration dans Gmail du flux de Google Plus en rouge et en haut à droite pour donner une envie irrépressible de cliquer !

- Un outil rich media car la photo est très bien traitée et les possibilités de la vidéo en mode multiple assez bluffantes.

 

@CaddeReputation et @caroleblancot sont plus réservés et trouvent que l’emballement est surtout le fait des geeks et reste donc à confirmer. Carole trouve que le partage des albums Picassa est intéressant. Encore faut-il que vos amis soient sur Google Plus, viralité quand tu nous tiens…

La question est donc Google Plus peut-il prendre des utilisateurs à Facebook, Twitter, Skype ou restera-t-il une couche supplémentaire ? Est-ce une approche stratégique de Google pour séduire, tester puis proposer des services basés sur G+ mais spécifiques aux entreprises ?

 

profil google plus de vincent berthelot
Profil Google Plus de Vincent Berthelot © Capture d’écran Google

 

A titre personnel je sais que mon réseau « natif » restera Twitter mais il faut avouer que ce nouveau service offre plus de richesse, une interface plus aboutie et une intégration habile des différentes données. Je pense que nous allons avoir beaucoup de bruit dans un premier temps et une explosion des flux. Mais la simplicité de Twitter est un plus à sa longévité.

 

Reste d’autres questions : quelle est la politique de Google Plus sur les photos qui me mentionnent alors que je n’ai pas donné mon accord ? Google Plus n’est-il pas trop riche et trop lourd pour ne pas craindre une nouvelle dérive vers l’infoprésence et l’infobésité. Combien d’entre-nous resterons une fois passé les premières semaines de test (comme pour wave ou buzz ?) Au JDN de suivre l’affaire.

 

Mise à jour de cet article :

J’ai eu la bêtise de partir en vacances sans avoir pris le temps de paramétrer les mails d’alertes de G+…Grosse erreur que j’ai vite corrigé à mon retour car de l’Iphone pas si facile!

Je ne vois pas l’intérêt d’un G+ en modèle de Facebook mai en revanche c’est bien en allant vers une couche d’intégration sociale que pourrait venir le succès. La fluidité entre les différentes applications de Google peut venir de ces innovations qui pour l’instant sont plus geek et loisir que pro et business. Personnellement j’imagine bien ce que cela peut donner pour un projet sur lequel on a travaillé en premier par mail puis par google doc et agenda pour passer ensuite en vidéo bulles a 4 ou 5 ! On peut aussi imaginer un cercle par projet…

L’aspect accès par Mobile devra aussi faire ses preuves car c’est aussi l’une des clefs de réussite (http://www.youtube.com/watch?v=N8gvHaX1cwY&NR=1)

Maintenant dire que tout cela va bouleverser le paysage de l’offre en collaboratif pour les TPE et PME c’est oublier que les applications collaboratives de Google existent depuis bien longtemps et que l’on a ici une belle réussite cosmétique mais pas encore le changement dont je parle plus haut.

Attendons donc l’offre ciblée pour les entreprises qui n’ont que faire de la très élégante application de partage de photos de ces cercles mais en revanche pourrait développer leurs propres cercles thématiques…mais Google+ a déja réussi son lancement et compte sur une stratégie de déploiement contrôlée et portée par ses premiers utilisateurs pour s’imposer et non pas seulement sur G+ mais aussi mail, agenda, applications…

 

Serait-ce une application du 17 ème stratagème « Jeter une brique pour récolter du jade » ?.

 

 

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Conseil web social, Interview, Réseau social
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G+, google, stratégie
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Community management : Tous ont des certitudes. moi seul reste dans l’obscurité. (Lao Tseu)

Vincent | 23 juin 2011

Les bonnes pratiques de community management sont assez bien connues désormais et de nombreux cas de réussite ou d’échec sont relatés pour en tirer des enseignements, des bonnes pratiques.
La dernière en date étant celle de la marque Petit Bateau qui montre qu’il est parfois bon de rester aussi immobile qu’un arbre en attendant le bon moment pour réagir et que nombre de personnes viennent commenter non pas pour la marque elle-même mais par l’odeur du buzz alléché.

Le community management d’un réseau social d’entreprise ne répond pas aux mêmes règles et disons le tout de go (oui c’est un jeu chez moi !) pas aux même profils pour assurer cette subtile activité.

Alors pour commencer, oubliez les consultants pour animer votre réseau social interne !

Ils n’ont aucune légitimité par rapport aux salariés de votre entreprise, aucune connaissance de sa culture, des enjeux et jeux de pouvoir et bien souvent une croyance inébranlable que ce qui marche ici marchera ailleurs grâce à leur talent dans l’utilisation de la méthode Coué.

Le consultant ne peut être en première ligne mais en revanche il peut vous aider à mettre en place une stratégie, accompagner, former vos propres community manager pour que vous soyez rapidement autonomes.

Ces community managers internes ne le seront pas à plein temps, en fait pensez à faire de chacun de vos managers un community manager en puissance.Vous pouvez avoir le projet d’ouvrir une communauté sur un sujet précis mais qui n’est pas destiné à perdurer plus de deux ou trois mois afin de préparer un plan d’action. Imaginez des sujets comme la question de la laïcité, celle du nouveau plan d’entreprise ou bien la préparation d’un séminaire pour la communication, les RH…

Le conseil que je vous donne c’est de répartir sur le plus grand nombre de managers possible l’activité de community management et de ne prendre un consultant que si vous n’avez pas les compétences en interne pour les coacher.

Là encore pensez à investir dans l’avenir en demandant à ce consultant d’animer en tandem avec un profil spécifique interne qui lui pourrait assurer un rôle plus pérenne de Chief community manager dans l’entreprise.

Le rôle du consultant doit devenir peu à peu invisible en laissant une autonomie aux CM internes pour leur permettre d’acquérir expérience et confiance.
Prendre un consultant pour animer un réseau social interne c’est comme prendre un superbe chef d’orchestre sans penser aux musiciens.

Ce consultant aidé du futur Chief community manager va confier des tâches d’animation à des managers dont on sait qu’ils ont une certaine dose de leadership et d’écoute de la part de leurs collègues. Il va préparer un plan de montée en compétence, de suivi, de relance et d’encouragement.
Il y a plusieurs clefs de réussite dans un tel projet pour susciter l’implication des salariés. Elles sont parfois peu naturelles et c’est là que le consultant peut donner toute la plus value de son talent mais certainement pas en première ligne au risque de voir une position attentiste se développer.

Pour le rôle de community manager de votre réseau social interne faite avant tout confiance à vos propres managers !

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community management, Conseil web social, RH, stratégie
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community management, conseil chief community manager
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