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L’art de la guerre au secours de l’entreprise 2.0

L’art de la guerre de Sun Tzu reste un livre de référence pour moi depuis ma rencontre avec Pierre Fayard qui m’a permis de dépasser la curiosité qu’exerce ce mince traité sur des générations de militaires, homme d’affaires ou maitres d’arts martiaux pour y chercher des enseignements applicables en situation professionnelle.

L’art de la guerre est très loin du Cluetrain manifesto et encore plus de l’entreprise 2.0… à priori et son cynisme si il n’atteint pas celui de Machiavel dans nos esprits c’est à n’en pas douter de par sa touche d’exotisme oriental.

Il m’ a fallu en lire plusieurs versions ainsi que des analyses  sur Sun Tzu pour commencer à en percer la puissance et la justesse.

Comme simple exercice reprenons les premières lignes du traité et adaptons-les à notre objet qui est celui de la performance des entreprises afin de mesurer sa portée . J’ai donc adapté librement le texte original pour le faire coïncider avec une stratégie d’entreprise :

La guerre économique est la grande affaire des entreprises : elle est le lieu où se décident la vie et la mort ; elle est la voie de la survie ou de la disparition. On ne saurait la traiter à la légère.

Soyons lucides et réalistes, à l’heure de la mondialisation pour survivre une entreprise doit à la fois répondre aux attentes de ses clients mais aussi être meilleure que ses concurrentes, le mot guerre n’est donc pas trop osé. On peut toujours parler de bien-être, de performance sociale, de management participatif mais au bout du compte vous êtes rentable ou non et survivez ou pas ! Toutes les actions dans l’entreprise doivent être décidées avec cette question en tête, en quoi cela va améliorer nos chances de gagner et de survivre ?

La guerre est subordonnée à 5 facteurs : ils doivent être pris en compte dans les calculs afin de déterminer avec exactitude la balance des forces.

La simplicité apparente permet de réduire le temps passé à monter des tableaux de 150 indicateurs comme Pechiney pour passer à 5 comme Mittal.

Mittal est d’ailleurs un parfait exemple de la limite que nous mettons souvent à l’application de l’art de la guerre, comme en son temps les généraux confucéens refusant d’employer la ruse sur le champ de bataille et menant ainsi au nom de la morale leurs hommes à l’abattoir. La guerre est duperie ! Mittal l’a bien compris et l’on peut porter le jugement que l’on veut sur leur tromperie mais malheureusement les bons sentiments de A. Montebourg n’ont que peu aidé les soldats de l’aciérie lorraine.

Le premier est l’éthique, le second le climat social, le troisième le contexte, le quatrième le management, le cinquième l’organisation.

Nous entrons ici dans le paradoxe apparent de Sun Tzu qui parle lui de vertu car comment inciter à la duperie, la tromperie, l’espionnage et parler d’éthique ou de vertu ? Comment pouvoir sanctionner, punir, condamner ses propres troupes pour obtenir la cohésion sans perdre ces vertus ? Car pour Sun Tzu la fin justifie les moyens : En tuer 1 pour en sauver 1000 ! La vertu et l’éthique ne tiennent plus alors que dans l’exemplarité du chef, juste, compétent mais pouvant être sans faiblesse à appliquer de terribles sanctions.

Le climat social c’est la disposition de vos troupes à mener cette guerre, à suivre les ordres et la stratégie que vous mettrez en place et ne pas saboter par un manque d’engagement vos actions.

Le contexte est bien évidemment celui de votre marché, de vos concurrents, les opportunités et les risques du moment, les batailles à court terme et la guerre à long terme. Identifiez ce qui vous est favorable ou pas, les changements à venir qui affecteront votre entreprise.

Le management est une pierre angulaire de la réussite de l’entreprise. Pour Sun Tzu le général doit à la fois affronter ou séduire ses troupes et son Prince tout en se battant contre ses ennemis. Il doit avoir une vision stratégique très claire pour avoir la confiance en interne et par ses vertus et ses compétences assurer un leadership sans faille.

La fausse promesse de l’entreprise 2.0 tient à cet aspect des choses, le mirage d’une entreprise en pyramide inversée, d’un fonctionnement down-top. Ses échecs à cette réalité : il y a toujours besoin d’un leader, d’une vision, d’une stratégie !

Enfin l’organisation est ce qui permet de ne pas fonctionner comme une armée pour une entreprise afin d’éviter sa lourdeur et son coût mais chercher une organisation plus fluide, plus humble et simple à l’image de l’eau si souvent empruntée par Sun Tzu comme Lao tseu. On peut rechercher une nouvelle forme d’engagement des salariés en s’appuyant sur leur responsabilité et désir d’accompagner l’entreprise dans sa réussite.

L’éthique est ce qui assure la cohésion entre hiérarchiques et subordonnés et incite ces derniers à lui faire confiance et s’engager pleinement.

Ce qui a détruit la confiance de nos salariés dans leur management c’est la différence entre les comportements parfois voyous et irresponsables de leurs hauts responsables et les sacrifices demandés sur le terrain ainsi que le sentiment d’incompétence des dirigeants à prendre les bonnes décisions et leur donner du sens. Aucune armée ne peut fonctionner ainsi sans fusiller ses propres troupes pour arrêter les rebellions…
Le comportement affiché , la proximité, l’identification possible sont autant de liens permettant d’assurer la confiance des salariés d’avoir des responsables dignes de ce nom que l’on peut suivre même si les actions à entreprendre sont difficiles.

C’est aussi le lien social, la communication entre les différentes composantes de l’entreprise qu’il est nécessaire de travailler pour arrêter les rivalités internes, les luttes intestines, par plus de transparence dans les différents étages et cloisons, par plus de mixité des différents métiers et niveaux hiérarchiques.

 

Il n’est pas question de plaquer les enseignements de l’Art de la guerre à toutes les entreprises mais de voir au travers de sa lecture en quoi celles-ci sont parfois mal préparées pour affronter la concurrence actuelle. Les démonstrations de Sun Tzu finissent toujours par mettre en avant la qualité du commandement et la bonne préparation des troupes qui passe par leur aptitude au combat comme leur indéfectible attachement au Royaume.

Sommes-nous capable de nous inspirer de ces écrits pour repenser une entreprise du XXI siècle performante au travers de ces facteurs clefs mais aussi de ces nouvelles armes que sont les avancées technologiques de la collaboration et la communication ?

 

 

 

Les 36 stratagèmes appliqués aux médias sociaux

Voilà une idée de livre qui me trotte dans la tête depuis 6 mois !

Les nombreux dossiers puis… les vacances, ont retardé cette volonté d’adapter ce chef d’œuvre de la pensée martiale asiatique aux médias sociaux.

L’accueil général et en particulier ceux de Pierre Fayard et Anthony Poncier, qui sont tous deux des personnes pour qui  j’ai une affection particulière, m’ont convaincu de reprendre cette idée pour la faire aboutir.

Pierre est le spécialiste français de Sun-Tzu et des traités asiatiques sur la stratégie, de plus nous partageons une longue pratique des arts martiaux. Anthony un fin connaisseur de la pensée asiatique et un expert reconnu des médias sociaux. Entamer ce projet sans eux aurait été trahir ce qu’ils m’ont apporté dans ces différents champs de réflexion.

Ce livre sera un livre collectif et devra permettre dans l’idéal à 36 experts du 2.0 ou de la stratégie asiatique de décliner les 36 stratagèmes pour des actions relevant des médias sociaux.

 

Tout le monde est le bienvenu !

 

Pour être publié il faudra avoir convaincu notre jury  (Pierre, Antony et moi-même) de votre interprétation, déclinaison du stratagème choisi.

Nous allons préciser une date de remise de vos textes afin de ne pas retomber dans les problèmes de calendrier de projet.

Chaque texte sera commenté par Pierre dans un encadré pour donner sa propre interprétation et réaction face au texte et dans certains cas éventuellement par Anthony ou moi-même.

Ce livre est aussi venu de mon agacement à lire les dizaines de billets du type, les 12 lois du succès en recrutement 2.0, les 8 étapes indispensables en personnal branding, les 5 clefs du succès de votre stratégie en social média…

Cette pensée Jivaro, d’une stratégie prête à avaler et appliquer, produit des stratégies de zombies clonés.

Les trésors de stratégie sont autour de nous de Clausewitz à Sun Tzu mais trop souvent négligés, réservés à des exercices purement intellectuels ou au contraire militaires.

Ce livre a pour ambition de devenir Le livre de la stratégie sur les médias sociaux en France ! Je sais que ce défi nous pouvons le remporter ensemble car je connais la qualité des analyses de nombre d’entre vous.

Pour finir voici un exemple, une piste de ce que vers quoi nous tendons :

Stratagème 17 : « Se défaire d’une brique pour attirer le jade »

Tout l’UGC est bâti sur ce concept. La richesse de Facebook, de Linkedin, de Youtube sont imprégnés de cette stratégie. L’analyse de leurs règlements ne fait que confirmer d’ailleurs que non seulement ils ont bien conscience de récolter du jade mais que en plus ils prennent toutes les mesures pour que vous ne puissiez le réclamer ensuite.

Chaque stratagème contient en lui des applications qui seront lumineuses pour certains, obscures pour d’autres et c’est le partage de nos interprétations qui permettra de les mettre en lumière et de créer ainsi la valeur de ce livre.

 

Rejoignez-nous sur le projet 36 stratagèmes !

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Sun Tzu, l’art de la guerre, appliqué aux médias sociaux

Cet ouvrage est l’un des plus célèbres au monde et pourtant nul ne sait si Sun Tzu a vraiment existé et de quand date l’art de la guerre, les estimations se fixent sur la période de 1450 à 500 ans avant J-C.

Sun Tzu a inspiré les dirigeants asiatiques en particulier de la Chine du Japon et du Vietnam et Mao en était un fervent lecteur mais sa lecture n’est devenue courante qu’il y a une quarantaine d’année et populaire depuis 15 ans.

Souvent mis en parallèle avec l’œuvre magistrale de Clausewitz, parfois soupçonné d’être une mode orientaliste et un résumé de tactique plus que de stratégie c’est avant tout une lecture indispensable de par la richesse des idées développées sur le management, le leadership, l’organisation et bien sur la guerre.

Cet article n’a pas vocation à vouloir calquer les propos tenus en un autre temps à une révolution récente mais simplement de susciter votre propre réflexion en tant qu’expert, dirigeant, manager ou simplement lecteur intéressé par la stratégie d’utilisation des médias sociaux.

En premier lieu on pourrait s’interroger de la pertinence de cet article puisque Sun Tzu traite de la guerre et que même si l’on parle parfois de guerre économique comment oser comparer un conflit ou des centaines de milliers de personnes alimentaient des charniers et la volonté de développer son business ? Ensuite Sun Tzu à une idée centrale du conflit : la guerre c’est la duperie et nous experts du web social répétons le contraire, la transparence c’est le succès !

Nous allons pourtant le voir la pensée de Sun Tzu est sur la préparation de la guerre un guide fantastique pour mettre en place votre stratégie d’utilisation des médias sociaux car à l’inverse de celle de Clausewitz elle s’attache à gagner la guerre sans la faire !

Les clefs du succès

En tout premier lieu Sun Tzu décrit dans le livre I les facteurs qui permettent d’envisager de remporter une guerre sont au nombre de cinq et parmi ceux-ci nous trouvons l’influence morale, le commandement et la doctrine.

Cela peut se résumer au niveau des entreprises par le degré d’engagement de motivation des salariés, par la qualité du management et enfin par les politiques RH en particulier en matière de promotion et de salaires. Tout cela permet de développer la confiance et l’implication de vos salariés qui deviendront ainsi les premiers défenseurs de votre réputation en ligne de manière pro-active ou défensive.

A l’inverse négligez d’impliquer vos salariés dans votre stratégie de présence sur le web social, oubliez de mesurer le climat social et leur satisfaction et vous n’aurez comme allié que l’agence que vous aurez sollicitée pour vous aider…

Utilisation de la veille, des audits, sondages….

Sun Tzu nous prévient dans son livre III de la stratégie offensive :

« Si vous connaissez vos ennemis et que vous vous connaissez vous-même, mille batailles ne pourront venir à bout de vous.

Si vous ne connaissez pas vos ennemis mais que vous vous connaissez vous-même, vous en perdrez une sur deux.

Si vous ne connaissez ni votre ennemi ni vous-même, chacune sera un grand danger. »

La première recommandation est donc de faire un audit de l’utilisation des outils de web social pour votre entreprise mais aussi une étude du climat de confiance et du climat social !

La seconde c’est d’identifier vos concurrents, vos partenaires éventuels, vos ennemis possibles  et de non seulement mieux les connaître mais aussi les surveiller. La veille vous sera là d’un grand secours tant da sa dimension intelligence économique que celle du web social.

Sommes-nous si loin de ce qui révolte certains dans les écrits de Sun Tzu et qui concerne l’usage des espions pour justement assurer ces m^mes taches et atteindre ces mêmes objectifs ?

Choisir le responsable du projet

Sun Tzu est à lire avec encore plus d’attention quand il parle du choix des hommes à qui vous confirez les responsabilités

Livre III Chang Yu « … Le Grand Duc a dit : « Un souverain qui arrive à mettre la main sur la personne qualifiée connaît la prospérité. Celui qui n’y parvient pas sera anéanti.

Wang Shi « Si une personne ignorante des questions militaires est envoyée pour prendre part à la gestion de l’armée, chaque mouvement éveillera désaccord et frustration réciproque et l’armée tout entière sera paralysée. C’est pourquoi Pei Tu présenta une requête au trône pour faire révoquer le Contrôleur de l’armée c’est seulement ensuite qu’il fut en mesure de pacifier Ts’ao Chou . »
Chang Yu « Récemment, des courtisans se sont vu confier les fonctions de Contrôleur de l’armée et c’est là que précisément réside l’erreur.

Ce passage est crucial pour comprendre les échecs de certaines entreprises qui lancent une stratégie de présence sur les plateformes sociales, une utilisation innovante des outils du 2.0 mais ne choisissent pas les bons responsables. Trop souvent le responsable a vu une nouvelle opportunité mais n’a pas forcément les compétences et s’appuie trop sur des ressources externes sans avoir la capacité d’évaluer leurs qualités.

Il sera certainement utile de revenir sur ce point fondamental d’identifier au sein de votre entreprise les vraies compétences ou ceux qui pourraient les acquérir avec une formation et non pas nommer un responsable ayant encore un peu de disponibilité.

Réactivité

Enfin nous terminerons ce premier essai de l’application des principes de Sun Tzu a votre stratégie par l’étude de la réactivité. C’est encore dans le livre III que nous trouvons le passage le plus significatif.

Dans la guerre, il peut se produire cent changements au cours de chaque étape. Lorsqu’on voit que c’est possible on avance ; lorsqu’on voit que les choses sont difficiles, on se retire. Dire qu’un général doit attendre les ordres d’un souverain dans ces circonstances, c’est comme informer un supérieur que vous voulez éteindre un feu. Avant que n’arrive l’ordre s’y rapportant les cendres sont froides. Et il est dit que dans de telles circonstances on doit consulter l’inspecteur général de l’armée !

Vous avez choisi le responsable de votre stratégie, votre général des medias sociaux, vous devez lui donner l’autonomie pour mener à bien sa mission. Combien d’intranet sont désertés au profit des sites syndicaux pour obtenir les information sur des négociations en cours ?

Il serait fort instructif de reprendre avec ces premiers points les erreurs dernièrement commises par Nestlé pour gérer les attaques de Greenpeace mais aussi d’avoir vos avis sur l’application de ces principes.

Liens : http://www.lescheminsdhermes.org/Livre-de-Sun-Tsu-L-Art-de-la,162.html

La bibliographie est riche mais pour commencez je vous conseille L’art de la guerre aux éditions Champs classiques avec un très bon texte d’accompagnement et  celui des éditions Pluriel bien que je n’aime guère les commentaires de Jean Lévi, les sources complémentaires pour donner sens aux écrits de Sun Tzu sont très riches.