Conseil Web Social

Accompagnement stratégique et gestion des médias sociaux
  • CWS
  • Nos services
  • Partenaires
  • À propos
  • Contact

Interview de Pierre Fayard : Rendre accessible l’art de la guerre

Vincent | 3 août 2010

Qui a eu l’occasion de lire Pierre Fayard connait le plaisir de découvrir grâce à sa plume tout un pan inconnu de Sun Tzu par le décryptage et la mise en parallèle de son ouvrage « l’art de la guerre » avec des oeuvres plus proches de notre culture.

C’est ce ton si particulier qui rend accessible les pièces maitresses de la stratégie chinoise comme les 36 stratagèmes que l’on retrouve quand on a l’occasion d’échanger de vive voix avec lui. De l’impénétrable Lao Tseu au plus compréhensible, au moins en surface, Sun Tzu en passant par les arts martiaux et la communication interculturelle, j’ai tenté de retenir avec Pierre ce qui de nos échanges pouvaient intéresser les lecteurs de conseilwebsocial.

Difficile en quelques lignes de présenter Pierre Fayard mais voici un résumé permettant de mieux apprécier le contenu de cette interview.

Actuellement Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle à l’Ambassade de France au Pérou, Pierre Fayard a été nommé Maître de Conférences, puis Professeur des universités à Poitiers où il a dirigé le laboratoire de recherche sur la communication scientifique et technique (Labcis) et le premier DESS en intelligence économique (Dessie), créé à son initiative.
Son domaine de recherche porte sur l’approche comparée des cultures de la stratégie. Dans ce cadre, il a travaillé sur la voie japonaise de la création de la connaissance en se rendant par dix fois au Japon où il échangea directement avec le professeur Ikujiro Nonaka.
Il réfléchit actuellement aux applications de l’aïkido au management dans la société de la connaissance, et enseigne cet art martial dont il est ceinture noire troisième dan. Auteur d’une dizaine d’ouvrages dont « Comprendre et appliquer Sun Tzu » édité dans cinq pays, son dernier livre, « Sun Tzu. Stratégie et séduction », est sorti chez Dunod en octobre 2009.

Pierre Fayard vous êtes l’un des meilleurs spécialistes français de L’art de la guerre écrit par Sun Tzu. Vous avez écrit plusieurs ouvrages, lui consacrez votre site web et toujours dans l’optique de rendre vivant son enseignement et applicable ses conseils… Pouvez-vous nous expliquer votre passion pour cette œuvre ?

J’ai rencontré Sun Tzu un soir d’hiver à Saint Germain, dans la vitrine d’une petite librairie aujourd’hui disparue. Le livre s’intitulait Les Treize articles. Il reprenait la traduction originale du père jésuite Jean-Jacques Amiot de 1772. Sur la couverture, on voyait un morceau de goban, « l’échiquier » du jeu de go. Je l’ai acheté parce qu’il m’inspira, et bien vite crayonné d’annotations. A cette époque j’enseignais la communication à l’Université de Poitiers et j’ai commencé à penser y introduire un peu de Sun Tzu. Puis, avec la découverte du Traité des 36 stratagèmes, un autre livre basique de la pensée stratégique chinoise, j’en ai fait un enseignement.
« Rendre vivant son enseignement » ? J’ai toujours été attiré par cette activité qui fait comprendre une culture à une autre. Je reste un vulgarisateur dans l’âme. Ce qui est fascinant chez Sun Tzu, outre le fait qu’à l’instar des grands textes il traverse les siècles et jusqu’aux millénaires, c’est qu’il prend le contrepied, presque systématique, des clichés et représentations spontanées et simplistes que l’on a de la stratégie, comme de l’art de la guerre. J’en veux pour preuve un seul exemple, le contraste entre le titre de l’ouvrage et l’affirmation qu’il contient selon laquelle le général exemplaire l’emporte sans se battre. Pourtant, le livre s’intitule L’art de la guerre ! Cela dépasse « si vice pacem para bellum », et donne à réfléchir…
« La passion » ? Sans doute pour l’Extrême Orient, mais encore une fois pour le contrepied par rapport aux certitudes et suffisances occidentales. Je suis né en Afrique, et me suis toujours senti « autre » quel que soit l’endroit où j’ai vécu ou travaillé. Les principes de Sun Tzu raillent les certitudes, et parce qu’il vient de loin, son pouvoir de stimulation et de suggestion est immensément grand. Par rapport à l’Occident, Sun Tzu est un révolutionnaire qui introduit les ferments d’une « révolution culturelle » dans la stratégie en nous invitant à l’astuce, à l’intelligence et jusqu’à la sagesse. Cela le rend irrévérencieux au regard de l’orthodoxie, et c’est précieux en stratégie car ce ne sont jamais ceux qui sont en retard d’une guerre qui l’emportent. La France en sait quelque chose et il serait criminel de l’oublier !

Quel lien faites-vous entre votre pratique de l’aïkido, l’art martial le plus spirituel, et l’art de la guerre ? Pouvons-nous appliquer les enseignements de Sun Tzu à l’art de la paix ?

Difficile de vous suivre dans cette affirmation selon laquelle l’aïkido serait un « art intellectuel ». Je vous invite sur n’importe quel tatami et vous éprouverez vite à la sueur qui s’en dégage qu’il s’agit d’un art avant tout corporel. Dans les années soixante-dix durant mes premières années de pratique, chaque fois que je m’extasiais sur un livre développant les principes d’harmonie, de yin et de yang, de complémentarités dynamiques… j’étais systématiquement d’une nullité crasse sur le tapi la séance suivante. Je commentais l’erreur de penser qu’un art martial commence par la tête, alors que les pieds et la situation dans l’espace y sont autrement fondamental. Un art martial se vit avec le corps, il éduque la sensibilité, la réactivité et développe un sens aigu de la présence et de la disponibilité. Face à un sabre bien tranchant, celui qui pense rationnellement et linéairement a tôt fait de se retrouver en morceaux. L’issue est dans l’immédiat, avant ne signifie rien, pas plus qu’après, totalement conditionné par le présent.
L’art de la guerre de Sun Tzu est un art de la paix pour la raison bien simple que la guerre est dangereuse, coûteuse et aléatoire. Il est recommandable de la gagner par la ruse, la diplomatie, éventuellement par la déstabilisation, et si l’on est vraiment rustre et incapable, il faut aller se battre contre les troupes ennemies, et pire que tout, se heurter à ses places fortes. L’héroïsme peut servir comme tout potentiel à partir du moment où il est manipulé intelligemment ou que l’on n’a plus rien à perdre. Mais il s’agit là d’un extrême à éviter le plus en amont possible, soit avant que le conflit ouvert n’y contraigne faute de bonne gestion et d’anticipation.

Merci pour l’invitation sur un tatami que j’accepte avec le plaisir de la rencontre d’un pratiquant aguerri face à un guerrier accompli ! Nous avons eu l’occasion d’échanger ensemble sur les applications immédiates de Sun Tzu dans notre vie professionnelle et en particulier les modes de gouvernance. Quelles sont selon-vous les deux points les plus importants à retenir pour un dirigeant, ou un manager ?

En m’inspirant de Sun Tzu, je vais répondre par des propositions apparemment contradictoires. Tout d’abord, penser stratégique pour éviter de se faire enfermer dans des affrontements tactiques locaux sans le bénéfice d’une intelligence globale. En convoquant d’autres acteurs, d’autres logiques auxquelles on s’articule, et des potentiels extérieurs, on modifie une balance locale des forces à son profit. On augmente ainsi sa liberté d’action et on optimise son économie des moyens, qui représentent les deux principes basiques de la culture stratégique française. Pratiquement tous les enseignements du classique des 36 stratagèmes insistent sur cette dimension stratégique qui représente un potentiel trop souvent ignoré.
Ensuite, le petit l’emporte sur le grand. Normal, son unique solution pour survivre est d’être plus malin. Comme il ne peut s’appuyer sur sa taille, ses finances, ses technologies, ses réseaux commerciaux, que sais-je encore, il doit être foncièrement innovant. Dans l’histoire, ce sont toujours les petits qui gagnent avant de devenir grands et de perdre à leur tour… C’est l’usage de la force Ji, extraordinaire et non conventionnelle pour dérouter et prendre le contrepied (on y revient) de la force traditionnelle, visible et organisée que les Chinois appellent Zheng.
Enfin, se défier des certitudes, des réponses toutes faites et de ce qui donne l’apparence de terrains balisés dans lesquels on pourrait agir de manière rationnelle, toutes choses égales par ailleurs comme il est dit dans les mathématiques. Il n’existe pas de « méthodes sûres » en stratégie car celle-ci n’est pas une science mais un art. Ceux qui prétendent le contraire sont des faussaires.
Ne jamais imaginer non plus que l’autre pense comme soi parce que nous serions civilisés, dans le vrai et le sens de l’histoire. En sus d’être une désinformation à son encontre, c’est insultant pour les autres. Les Chinois, qui sont les héritiers d’une civilisation millénaire, savent pertinemment que la stratégie est sans morale, sauf dans les cas où l’immoralité s’inscrit à l’encontre de la durabilité des résultats. La stratégie consiste en la maîtrise de l’interaction des volontés, ce n’est pas Sun Tzu qui le dit, mais le général français André Beauffre qui l’a écrit au cours du vingtième siècle. La relation à l’autre y est centrale.

Quand le web 2.0 est basé sur la confiance, la transparence, on peut être déstabilisé par les enseignements de Sun Tzu qui joue de faux semblant, de dissimulation, de jeux de pouvoir et d’ombres. Est-ce la face obscure de cet enseignement où est-ce la philosophie du 2.0 qui est simpliste et évangélique ?

D’abord, je dois avouer mes lacunes, passagères je l’espère, sur le Web 2.0. Par contre, je peux vous dire que la pensée stratégique chinoise est « comme un poisson dans l’eau » dans la globalisation actuelle où les fronts n’existent guère, et où la dimension stratégique, soit globale, l’emporte sur les tactiques et affrontement locaux. C’est un peu la différence entre le jeu de go, où le gain résulte de la supériorité stratégique, avec le jeu d’échec où même plus fort que l’autre, on peut perdre sur une simple erreur tactique : échec et mat ! Gardons nous des certitudes. Arrêtons de faire violence au monde en y projetant nos définitions parce qu’il nous fait peur, que l’on manque de confiance ou que l’on voudrait le simplifier à l’extrême histoire de pouvoir jouer à coup sûr et sans surprise ! L’art stratégique est d’abord une école de réalisme, comme sur le tatami d’un dojo.
Ne jurer que par Sun Tzu comporte le risque de nous inféoder culturellement. Les traditions stratégiques occidentales sont riches et fécondes, c’est ce que j’ai aussi voulu exposer dans mon dernier livre. Parfois la manipulation est utile, mais souvent elle ne se traduit que par des victoires sans suite, à la Pyrrhus. Vivre dans l’illusion selon laquelle tout sera pour le mieux dans le meilleur des mondes parce que nous serions modernes, postmodernes ou web point deux, est une auto désinformation dangereuse. Les outils n’ont jamais remplacé la réflexion stratégie, bien au contraire, ils en renforcent l’urgence. Ange ou démon ? Comme le disait Fernand Raynaud, sublime stratège du rire devant l’éternel « ça dépend, si ya du vent, si y pleut… », c’est relatif tout ça et dépend des circonstances.

Votre dernier livre, l’art de la séduction, met en exergue la puissance de la séduction et comment celle-ci donne corps aux enseignements de Sun Tzu. Est-ce à dire qu’il est préférable de lire Don Juan de Molière que De la guerre de Karl von Clausewitz ?

Tout est bon à lire dans la mesure où cela intéresse et stimule, c’est à cela que l’on distingue les textes qui durent de ceux qui ceux qui confondent par des abstractions aussi pesantes qu’inesthétiques. On fait dire un peu n’importe quoi à Clausewitz comme à Confucius ou à Sun Tzu. Cyrano de Bergerac reconnaissait que Molière a du génie, et de l’impertinence pourrait-on ajouter, un ingrédient majeur dans la réflexion stratégique.
En choisissant la séduction, et des traditions stratégiques autres que chinoises, pour commenter les treize chapitres de L’art de la guerre, j’ai voulu inviter à voir la stratégie comme une entreprise fondamentalement créative fondée sur la relation, l’interaction. Dans le droit fil des préoccupation de Sun Tzu, la séduction est économique, or celle-ci est comme une obsession chez cet auteur comme dans ce grand pays qu’est la Chine où la gestion des ressources doit se faire au regard du très grand nombre. Le trente-et-unième stratagème traditionnel chinois, Piéger par la beauté, montre comment on peut venir à bout d’un adversaire puissant et redoutable, au moyen d’une créature convenablement manipulée. Comme la manipulation, la séduction est partout. On peut s’en offusquer ou s’en servir, mais en aucun cas en ignorer la réalité. Alors autant l’étudier ne serait-ce pour s’en garder !

Pierre Fayard il me reste à vous remercier pour cette interview et vous demander quels sont vos prochains projets pour continuer à nous rendre plus accessible les écrits de Sun Tzu ?

Nombreux ! D’abord un travail sur un petit ouvrage de grande circulation à partir de trois citations clefs de Sun Tzu, tout en y associant des éléments de la culture stratégique japonaise à travers Musashi et Yamamoto. Ensuite, un projet d’application sur iphone, ou téléphone portable, à partir des trente-six stratagèmes revus et adaptés pour un public occidental. Une troisième édition pour fin 201 du Comprendre et appliquer Sun Tzu en y incluant les trente-six stratagèmes au lieu de vingt cinq dans l’édition actuelle. Avec Digital Sun Tzu, des projets en cours très prometteurs où le débat et les contributions de tous les aficionados de ce très grand stratégiste seront bienvenus.
Ensuite, un travail plus fondamental sur les relations entre aïkido et management, notamment en faisant le lien avec les travaux d’Ikujiro Nonaka sur l’entreprise créative de connaissance. Et puis, pas mal d’écrits qui traînent, principalement des nouvelles un peu iconoclastes et des recueils de poésie, toujours perfusées de séduction, voire d’érotisme, qui est une forme de stratégie collaborative, n’est-ce pas ? Je recherche pour cela une maison d’édition fiable qui articule le numérique au format papier. Avis aux amateurs !
Merci Pierre pour cet échange passionnant et vivement le lancement de Digital suntzu, projet que nous portons avec Frédéric Bascunana et en attendant cette nouvelle web tv collaborative dédiée à l’application pour le web, les dirigeants, les managers de la pensée stratégique asiatique, les commentaires ci-dessous vous sont largement ouvert .

–
http://twitter.com/Pierre_Fayard ///

Skype: pierre.marie.fayard ///

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_fayard ///

www.comprendreetappliquersuntzu.com

Commentaires
2 Commentaires »
Catégories
Conseil web social, Entreprise 2.0, Interview, stratégie
Tags
Aikido, digital suntzu, Lao Tseu, pierre fayard, stratégie, Sun Tzu
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

Sun Tzu, l’art de la guerre, appliqué aux médias sociaux

Vincent | 22 mai 2010

Cet ouvrage est l’un des plus célèbres au monde et pourtant nul ne sait si Sun Tzu a vraiment existé et de quand date l’art de la guerre, les estimations se fixent sur la période de 1450 à 500 ans avant J-C.

Sun Tzu a inspiré les dirigeants asiatiques en particulier de la Chine du Japon et du Vietnam et Mao en était un fervent lecteur mais sa lecture n’est devenue courante qu’il y a une quarantaine d’année et populaire depuis 15 ans.

Souvent mis en parallèle avec l’œuvre magistrale de Clausewitz, parfois soupçonné d’être une mode orientaliste et un résumé de tactique plus que de stratégie c’est avant tout une lecture indispensable de par la richesse des idées développées sur le management, le leadership, l’organisation et bien sur la guerre.

Cet article n’a pas vocation à vouloir calquer les propos tenus en un autre temps à une révolution récente mais simplement de susciter votre propre réflexion en tant qu’expert, dirigeant, manager ou simplement lecteur intéressé par la stratégie d’utilisation des médias sociaux.

En premier lieu on pourrait s’interroger de la pertinence de cet article puisque Sun Tzu traite de la guerre et que même si l’on parle parfois de guerre économique comment oser comparer un conflit ou des centaines de milliers de personnes alimentaient des charniers et la volonté de développer son business ? Ensuite Sun Tzu à une idée centrale du conflit : la guerre c’est la duperie et nous experts du web social répétons le contraire, la transparence c’est le succès !

Nous allons pourtant le voir la pensée de Sun Tzu est sur la préparation de la guerre un guide fantastique pour mettre en place votre stratégie d’utilisation des médias sociaux car à l’inverse de celle de Clausewitz elle s’attache à gagner la guerre sans la faire !

Les clefs du succès

En tout premier lieu Sun Tzu décrit dans le livre I les facteurs qui permettent d’envisager de remporter une guerre sont au nombre de cinq et parmi ceux-ci nous trouvons l’influence morale, le commandement et la doctrine.

Cela peut se résumer au niveau des entreprises par le degré d’engagement de motivation des salariés, par la qualité du management et enfin par les politiques RH en particulier en matière de promotion et de salaires. Tout cela permet de développer la confiance et l’implication de vos salariés qui deviendront ainsi les premiers défenseurs de votre réputation en ligne de manière pro-active ou défensive.

A l’inverse négligez d’impliquer vos salariés dans votre stratégie de présence sur le web social, oubliez de mesurer le climat social et leur satisfaction et vous n’aurez comme allié que l’agence que vous aurez sollicitée pour vous aider…

Utilisation de la veille, des audits, sondages….

Sun Tzu nous prévient dans son livre III de la stratégie offensive :

« Si vous connaissez vos ennemis et que vous vous connaissez vous-même, mille batailles ne pourront venir à bout de vous.

Si vous ne connaissez pas vos ennemis mais que vous vous connaissez vous-même, vous en perdrez une sur deux.

Si vous ne connaissez ni votre ennemi ni vous-même, chacune sera un grand danger. »

La première recommandation est donc de faire un audit de l’utilisation des outils de web social pour votre entreprise mais aussi une étude du climat de confiance et du climat social !

La seconde c’est d’identifier vos concurrents, vos partenaires éventuels, vos ennemis possibles  et de non seulement mieux les connaître mais aussi les surveiller. La veille vous sera là d’un grand secours tant da sa dimension intelligence économique que celle du web social.

Sommes-nous si loin de ce qui révolte certains dans les écrits de Sun Tzu et qui concerne l’usage des espions pour justement assurer ces m^mes taches et atteindre ces mêmes objectifs ?

Choisir le responsable du projet

Sun Tzu est à lire avec encore plus d’attention quand il parle du choix des hommes à qui vous confirez les responsabilités

Livre III Chang Yu « … Le Grand Duc a dit : « Un souverain qui arrive à mettre la main sur la personne qualifiée connaît la prospérité. Celui qui n’y parvient pas sera anéanti.

Wang Shi « Si une personne ignorante des questions militaires est envoyée pour prendre part à la gestion de l’armée, chaque mouvement éveillera désaccord et frustration réciproque et l’armée tout entière sera paralysée. C’est pourquoi Pei Tu présenta une requête au trône pour faire révoquer le Contrôleur de l’armée c’est seulement ensuite qu’il fut en mesure de pacifier Ts’ao Chou . »
Chang Yu « Récemment, des courtisans se sont vu confier les fonctions de Contrôleur de l’armée et c’est là que précisément réside l’erreur.

Ce passage est crucial pour comprendre les échecs de certaines entreprises qui lancent une stratégie de présence sur les plateformes sociales, une utilisation innovante des outils du 2.0 mais ne choisissent pas les bons responsables. Trop souvent le responsable a vu une nouvelle opportunité mais n’a pas forcément les compétences et s’appuie trop sur des ressources externes sans avoir la capacité d’évaluer leurs qualités.

Il sera certainement utile de revenir sur ce point fondamental d’identifier au sein de votre entreprise les vraies compétences ou ceux qui pourraient les acquérir avec une formation et non pas nommer un responsable ayant encore un peu de disponibilité.

Réactivité

Enfin nous terminerons ce premier essai de l’application des principes de Sun Tzu a votre stratégie par l’étude de la réactivité. C’est encore dans le livre III que nous trouvons le passage le plus significatif.

…Dans la guerre, il peut se produire cent changements au cours de chaque étape. Lorsqu’on voit que c’est possible on avance ; lorsqu’on voit que les choses sont difficiles, on se retire. Dire qu’un général doit attendre les ordres d’un souverain dans ces circonstances, c’est comme informer un supérieur que vous voulez éteindre un feu. Avant que n’arrive l’ordre s’y rapportant les cendres sont froides. Et il est dit que dans de telles circonstances on doit consulter l’inspecteur général de l’armée !

Vous avez choisi le responsable de votre stratégie, votre général des medias sociaux, vous devez lui donner l’autonomie pour mener à bien sa mission. Combien d’intranet sont désertés au profit des sites syndicaux pour obtenir les information sur des négociations en cours ?

Il serait fort instructif de reprendre avec ces premiers points les erreurs dernièrement commises par Nestlé pour gérer les attaques de Greenpeace mais aussi d’avoir vos avis sur l’application de ces principes.

Liens : http://www.lescheminsdhermes.org/Livre-de-Sun-Tsu-L-Art-de-la,162.html

La bibliographie est riche mais pour commencez je vous conseille L’art de la guerre aux éditions Champs classiques avec un très bon texte d’accompagnement et  celui des éditions Pluriel bien que je n’aime guère les commentaires de Jean Lévi, les sources complémentaires pour donner sens aux écrits de Sun Tzu sont très riches.

Commentaires
3 Commentaires »
Catégories
RH, stratégie
Tags
art de la guerre, Clausewitz, media sociaux, Sun Tzu, web 2.0
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

Méfiez-vous des appels à la transparence sur le web !

Vincent Berthelot | 1 février 2010

Le grand credo du web 2.0 est la transparence et pour enjoindre les marques, les entreprises à respecter cette règle on s’appuie sur de retentissantes histoires comme celle de vichy.

Mais premier paradoxe, les activistes du 2.0 ne respectent pas cette règle de transparence et souvent pour de bonnes raisons comme celui de @areva qui a squatté le nom de Areva su twitter et tient à conserver son anonymat (http://fr.readwriteweb.com/2008/11/06/divers/areva-twitter-activisme-20/) . Bon entre-temps le compte de @areva a été suspendu !

Et pourtant dans le même article la conclusion de Fabrice Epelboin est en signe de paradoxe : La transparence, et donc le minimum d’éthique qui va avec, semble être la seule voie possible.

Les journalistes eux-mêmes ne sont pas toujours soucieux de cette transparence qu’ils se font for de traquer chez les autres comme le faisait remarquer Pisani . Pourtant  lui-même souhaite celle-ci et cite David Weinberger avec cet axiome « la transparence est la nouvelle objectivité » (http://pisani.blog.lemonde.fr/2009/08/18/la-transparence-est-la-nouvelle-objectivite/).

Alors les marques peuvent craindre le pire si elles ne répondent pas à cet appel des biens pensants du web comme Vichy, ou Bixi http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/patrick-lagace/200905/11/01-855539-bixi-blogue-et-bullshit.php ce que les commentaires sur le blog de Michelle blanc suite à un article sur ce geren de méthodes mettent bien à jour.

Pourtant il ne s’agit pas de transparence mais de blog ou d’initiatives de marketing social frauduleuses. En effet ce procédé n’est pas éthique à mes yeux et peut se retourner très vite contre les apprentis sorciers qui se croient assez malins pour surfer sur la vague du web social en bernant les consommateurs comme les internautes.

Alors oui vous avez une obligation de respect de vos lecteurs ou clients mais le curseur sur la transparence de vos actions dépend de vous et non pas d’une règle absolue fixée par la nébuleuse du web social.

Vous pouvez être transparent sur vos actions, honnêtes dans les moyens employés mais développer votre stratégie en la gardant confidentielle.

Je vous invite à lire ou relire Sun Tzu, l’art de la guerre, ses passages sur les stratagèmes, la duperie, l’emploi des espions vous donnerons certainement une autre appréciation de la transparence…

Celle-ci n’est pas synonyme d’éthique encore moins de morale et elle peut ruiner vos plans au profit de vos concurrents qui eux se seront octroyés les services des espions du web, les mêmes qui parfois vous auront conseillé de tout miser sur votre e-reputation à base de transparence.

Sun Tzu est parfois cité par des experts du web mais avec un tamis encore une fois très web moral (http://www.socialmediatoday.com/SMC/170713) en occultant ce qui dérange et en particulier ce même Sun tzu qui nous disait « la guerre n’est que mensonge ».

Plus proche de nous Clausewitz comparait la guerre au commerce et se rapprochait de Sun Tzu par la nécessité d’avoir une morale des chefs pour que les troupes suivent les ordres. En revanche l’un recherche des stratégies indirectes pour gagner sans se battre, l’autre l’attaque du centre de gravité et l’écrasement total.

Ne soyez pas trop prévisible, ne soyez pas trop transparent mais soyez moral aux yeux de vos troupes!

Commentaires
5 Commentaires »
Catégories
Conseil web social, stratégie
Tags
Clausewitz, social media, stratégie, Sun Tzu, transparence
Flux rss des commentaires Flux rss des commentaires
Trackback Trackback

« Entrées Précédentes

Articles récents

  • Interview de Pierre Fayard : Rendre accessible l’art de la guerre
  • Les RH feront plus pour l’entreprise 2.0 que les ERP !
  • Blog, golf, social rich learning et marketing 2.0!
  • Twitter entre les lignes et les guides
  • Marchands de rêves 2.0

Commentaires récents

  • Vincent dans Les RH feront plus pour l’entreprise 2.0 que les ERP !
  • Sun Tzu, Stratégie et Séduction, par Pierre Fayard | Hélène Frébourg dans Interview de Pierre Fayard : Rendre accessible l’art de la guerre
  • Vincent dans CMaaS : Un community manager pour les TPE et PME
  • Dominique Rabeuf dans CMaaS : Un community manager pour les TPE et PME
  • Vincent dans Interview de Pierre Fayard : Rendre accessible l’art de la guerre

Catégories

Catch me !

2.0 blog Clausewitz coaching communication community management community manager conseil conseil web conseil web social conseilwebsocial entreprise 2.0 formation 2.0 gestionnaire media sociaux intranet jon Husband Kodak livre management Marketing RH 2.0 maslow media media sociaux michelle blanc outils 2.0 Personnal Branding PME RH Société Générale social Social learning social media Social rich learning social rich media learning stratégie Sun Tzu techtoctv TPE twitter veille Vincent Berthelot web web+2.0 web social youtube

WP Cumulus Flash tag cloud by Roy Tanck and Luke Morton requires Flash Player 9 or better.

Blogoliste

  • Christian Aubry
  • Doppelganger
  • Emergence
  • Entreprise collaborative
  • Externalisation RH
  • Fantablog
  • Media-aces
  • Techtoctv

Tweets...

  • Triste nouvelle après Giraudeau le combat à encore une fois tourné à l'avantage de la maladie et L Fignon vient de boucler son dernier tour 2 days ago
  • Trouvé une bonne source sur chiffres medias sociaux FR et à jour http://www.slideshare.net/mediaventilo/20-chiffresmediassociaux-3263956 2 days ago
  • Je cherche les chiffres les plus récents sur les médias sociaux, , nbre utilisateurs, volumes, progession.. Merci :-) 2 days ago
  • RT @xuoan: Social media : une demande forte mais trop peu de profils compétents ? http://xu.tl/4A Je mettrais aussi les clients dedans /YES 2 days ago
  • More updates...

Powered by Twitter Tools

Méta

  • Inscription
  • Connexion
  • Flux RSS des articles
  • RSS des commentaires
  • WordPress.org
rss Flux rss des commentaires valid xhtml 1.1 design by jide powered by Wordpress get firefox